en prévision du colloque de Lille du 18 novembre 2009, voici quelques notes sur les discriminations discrètes.
La HALDE peut être saisie pour toute discriminations portant sur un des 18 critères de discrimination prohibés par la loi, dans des domaines comme l'éducation, l'emploi, le logement, les services publics...
Ma réflexion porte sur des discriminations qui, pour certaines, entrent dans ces critères illégaux de discriminations (par exemple, celles qui se fondent sur l'apparence) et pour d'autres n'entrent pas en tant que telles dans ces critères – comme la transphobie – mais qui pourtant peuvent être condamnées au nom de critères prohibés (notamment l'apparence physique).
Il s'agit notamment d'interroger des discriminations que je qualifie de discrètes car elles traduisent bien un traitement inégalitaire alors que ce traitement échappe à celles et à ceux qui l'effectuent et même parfois à celles et à ceux qui le subissent. Le critère de la discrimination peut, par ailleurs, ne pas apparaître clairement, ou bien la perception de la discrimination être interprétée comme relevant d'un autre critère.
Par exemple, une discrimination objective peut être attribuée à un critère d'origine ou de religion, alors que ce qui la fonde peut, par exemple, résulter d'un rejet lié à l'apparence (au look), ou a des éléments discrets de cette apparence (comme des boucles d'oreille, un type de maquillage ou de coiffure...), ou encore à des petits riens qui échappent à tous (un regard, une posture, une manière de saluer, un accent, une intonation) et qui font que chaque individu est marqué par sa culture, y compris s'il ne s'en aperçoit pas. Ce travail sur les discriminations discrètes consiste d'une part à identifier ce qui peut – dans l'apparence des personnes – produire un traitement inégalitaire. Par ailleurs, il porte sur certaines modifications de l'apparence et sur leurs effets en matière de discriminations: le tatouage et le piercing (certains d'entre eux tout au moins, lesquels et pourquoi), les transformations de l'apparence qui produisent des corps ambigus, échappant aux stéréotypes des féminités et des masculinités convenues, ou encore les corps enrobés que la médecine qualifie d'obèses.
... article en cours de rédaction ... mise à jour le 4 novembre 2009
Enfin (pour le
moment), l'interprétation psychanalytique du reportage est assez amusante. Les
implants, les tatouages (un peu trop voyants et aux motifs s'éloignant du
coeur, de la rose ou du dauphin) seraient des outils pour éloigner autrui, le
tenir à distance, lui faire peur, parce que les individus ainsi ornés auraient
peur eux-mêmes. Et s'ils n'avaient pas peur? Et si c'était une manière de dire,
par exemple (mais là je ne voudrais pas aller trop loin dans mon
interprétation), j'emmerde les psychiatres, les curés, les profs, les banquiers
et les ministres? et si c'était une manière de se construire selon des modèles
de l'apparence qui transgressent les normes établies? et si ça n'avait pas
d'autre signification que de simplement jouer de et avec son corps? et si ça
pouvait se situer du côté du désir?