C'est la première fois que la mort d'un Immortel me touche.
Sans doute parce que depuis que je suis entré dans la vie intellectuelle, Claude Levis-Strauss était là. Pas comme un auteur de référence pour moi, ni comme un maître, mais plutôt comme une incarnation de la pensée qui paraissait survivre à tout.
Tous les grands penseurs du XXè siècle ont disparu. Je n'en vois pas de la trempe de Levis-Strauss, Foucault, Deleuze, Barthes, Ricoeur à l'horizon... Ou alors, il faut attendre que de nouvelles pensées se formalisent et se diffusent... dans un monde où le livre de fond voisine avec l'éphémère, c'est pas gagné.
« je pense au présent et au monde dans lequel je suis en train de finir mon existence. Ce n'est pas un monde que j'aime.» Claude Levi-Strauss, Interview Campus, du 28/10/2004
Et puis comme j'aime bien l'humour grinçant d'Hervé Le Tellier, je vous glisse son papier de verre du 4 novembre dans la check-list électronique du journal Le Monde:
« Prière d'insérer : la maison Plon nous confirme que Claude Lévi-Strauss est bien décédé avant qu'on annonce l'attribution du Renaudot à Frédéric Beigbeder.»