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Tag - homosexualité

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jeudi 7 janvier 2010

sport, homosexualité, homophobie: 2010 année pivot?

2010 s'est ouverte sur plusieurs articles dans la presse sur la question des homosexuel-le-s dans le sport. Après les polèmiques du dernier trimestre 2009 (match non joué contre le Paris Foot Gay, propos de Louis Nicollin ou David Douillet, etc.), un certain nombre de papiers et de reportages reviennent avec du recul sur ce qui se joue dans le sport et sur la difficulté de pouvoir y évoluer de manière sereine lorsque l'on est homo. L'article du Monde du 19 décembre 2009 sur la révélation par le rugbyman gallois international Gareth Thomas avait déjà ouvert la brèche

Le reportage paru dans le 20h de France 2 le samedi 2 janvier et le documentaire de Michel Royer diffusé le 4 janvier sur Canal + à 20h50 (dont on peut voir ici un extrait et l'article de Télérama) laissent penser qu'il est désormais possible, en France, non pas de "parler des homosexuels dans le sport", mais bien d'interroger la culture sportive dans ce qu'elle contient et diffuse d'homophobie ordinaire.

Alors, peut-être que 2010 (qui débute avec deux reportages à deux jours d'intervalle à des heures de grande écoute sur la difficulté à être homosexuel dans le sport) peut-elle être pour la France une année à partir de laquelle, les questions commenceront à se poser sur l'homophobie ordinaire des jeux et du spectacle sportifs.

quelques relais et commentaires sur le documentaire de Michel Royer

dans l'Humanité

sur le blog des Gay Games

vendredi 16 octobre 2009

Corps transformé, corps autogéré: débat autour de la question trans. Depuis Montpellier. Première journée.

Aujourd'hui 16 octobre 2009 débutent à l'université Montpellier 1 les secondes Assises du Corps Transformé. Les premières avaient été consacrées au visage et à la chirurgie. Cette fois-ci, elles s'intitulent "Regards croisés sur le genre". Avant même leur tenue, elles ont donné lieu à la mise en place de contre-assises, les Assises des corps autogérés, organisées à l'initiative de plusieurs associations militant pour la reconnaissance et le respect des personnes trans ou luttant contre la transphobie ou l'homophobie.

Ce face à face s'est traduit lors de mon arrivée à l'accueil des Assises:

« Bonjour, vous êtes intervenant ?

– Oui

– Alors on va vous donner un badge intervenant qu’il faudra garder toute la journée. Parce que vous avez vu qu’on a des petits problèmes de sécurité.

– Ah bon ?

– Oui, tout à l’heure on a eu une petite manifestation. »

Je comprends mieux les vigiles, à l'entrée de la faculté de droit, en costume-cravate-oreillette.

Durant les dernières interventions de la matinée, on entend depuis l’amphithéâtre les cris de la manifestation, « ni homme, ni femme : transpédégouines ». De manière assez ironique, les slogans se font entendre au moment de l’intervention très pertinente de Claire Nihoul Fekete, pédiatre chirurgienne travaillant sur les malformations sexuelles de l’embryon.

Ce que j'ai gardé de cette première partie des Assises du corps transformé, ce sont d'abord les tensions – dans l'amphithéâtre – entre certaines formes de savoir ou plutôt entre différents rapports au savoir. Organisées de manière à confronter les points de vue entre scientifiques, les Assises proposent une transversalité des approches, une complémentarité des savoirs. Il n'est donc pas question de hiérarchiser le propos d'un chirurgien par rapport à celui d'un historien de l'Empire byzantin ou celui d'un juriste par rapport à ce que dirait une sociologue ou un philosophe. Ce genre de colloque donne au contraire la possibilité de différencier et d'articuler les différents niveaux d'une même réalité.

Ce qui se passe, c'est l'opposition entre deux postures parmi les scientifiques présents. Ils y a celles et ceux qui savent et qui le disent. Leur savoir paraît ne pas pouvoir être mis en cause. Ce sont les sujets sachant sur... en l'occurrence la transsexualité (j'utilise ce terme impropre pour l'instant, car c'est un peu celui qui a paru être utilisé de la manière la plus spontanée). Et puis, il y a une autre posture épistémologique. Il s'agit de chercheuses et de chercheurs qui connaissent bien un domaine – "leur" domaine (qui peut être la chirurgie néo-natale, les eunuques de Constantinople, les rites Amérindiens...) – et qui affirment ne rien connaître, ou pas grand chose, à la question de la transsexualité. Et pourtant, ils apportent beaucoup à la réflexion. Et je me suis demandé pourquoi ils apportaient autant, alors que celles et ceux qui parraissent être celles et ceux qui savent sur... produisaient une sorte de malaise dans leurs affirmations.

La conclusion à laquelle j'en suis arrivé pour l'instant (conclusion qui reste à approfondir) tient dans l'idée que peut-être les personnes qui ont exposé leur savoir sans l'accompagner de la prétention d'apporter une réponse définitive étaient aussi celles dont le propos était le plus expurgé de jugements de valeurs, de catégorisations binaires et qui, de plus, laissaient une grande place au questionnement.

Bon, la journée n'est pas finie.

Il me reste à restituer le fonds des Assises qui, d'ailleurs, sont intitulées "Regards croisés sur le genre"... et non pas "Regards croisés sur la transsexualité". Pourquoi a-t-on glissé sur cette thématique, aussi confuse que passionnée ? Et puis, au fait, de quoi est-il question ?

ça y est. La première journée s'est terminée. Dehors, face à l'entrée de la fac de droit, ont été collées quelques affiches où il est question de transphobie, de silence meurtrier. Un tract a été distribué, que je n'ai pas eu, intitulé "Faux experts / Vrais menteurs". La question du savoir encore, mais posée autrement. Du dehors. Et qui vient comme une dénonciation.

Je m'interroge sur ce qu'il y a lieu de dénoncer dans ce que j'ai entendu. Je veux dire dans les communications qui ont été proposées. En fait, pas grand chose.

Au contraire même. J'ai plutôt l'impression que ce que j'ai entendu ne parle ni à la place, ni pour, ni même de personnes transidentitaires. Encore une fois, je parle des communications (Les postures savantes qui m'ont dérangé sont plutôt venues de la salle, des commentaires produits par des "spécialistes" qui ne sont pas encore montés à la tribune) et ces communications parlaient d'autres choses: d'hermaphrodites, d'eunuques, de personnes intersexuées, de voix, de malformations des embryons... Mais pas (ou peu) de transformation. J'y reviendrai.

En revanche, beaucoup de descriptions, judicieuses, précises... Par exemple, la présentation de la fonction des eunuques à Constantinople comme celle des rites chez les Amérindiens apportent un regard sur la manière dont les différences anatomiques sont prises dans un bain culturel qui leur donne du sens et permet aux personnes de se situer dans la société dont elle sont issues.

... à suivre...

mardi 6 octobre 2009

Sport, racisme, homophobie... petite chronique de l'aversion ordinaire

Le week-end dernier (4 octobre 2009), une équipe de football a refusé de jouer contre le Paris-Foot Gay, au nom de ses convictions. L'affaire a été rapportée jusque sur le site du quotidien l'Equipe, pourtant peu intéressé par les réalités sportives ordinaires. Ce refus de jouer s'est produit trois semaines après un débat sur l'homophobie dans le sport organisé le 13 septembre à Paris à l'initiative de la Fédération Sportive Gaie et Lesbienne.

Les faits relèvent d’une réalité sportive ordinaire. Il ne s'agit pas de sport de haut niveau, de football spectacle où les propos et les banderoles homophobes ne paraissent choquer personne et, au contraire, participer à une sorte de culture de l’humiliation. Il est ainsi possible de tendre dans les tribunes d’un club professionnel une bannière sur laquelle peut se lire : "K., on n'est pas raciste, la preuve on t'encule" exhibée lors d'un match de Ligue 2 de football.

Kebe-Bastia

Il s’agit d’une homophobie banale qui se traduit par le simple refus de jouer avec... Mais avec qui au fait ? Avec des joueurs présumés homosexuels. Tout cela en raison du nom du club, Paris Foot Gay… Peut-on pourtant seulement imaginer une telle attitude vis-à-vis d’un club appelé USJO des Arméniens de Valence, ou AS Algérienne ? Peut-on projeter les conséquences d’une telle décision si les Musulmans Bosniaques de Mostar refusaient de jouer contre l’Union Sportive Serbe de la ville ? A n’en pas douter cela indiquerait de graves tensions résultant de la guerre encore proche en ex-Yougoslavie. Mais là, à Paris, lors d’une rencontre entre clubs amateurs, sans enjeu sportif, que signifie ce refus de jouer avec ?

Plus particulièrement, que signifie jouer « avec des pédés » ? ou plutôt « contre des pédés » ? Parce que le « jouer avec », à vrai dire, personne ne peut jurer que ça ne lui est jamais arrivé… tant l’homosexualité reste secrète dans les sports collectifs pratiqués par des hommes. Que signifie ce refus de jouer avec des personnes dont il est imaginé – par ceux qui ont produit ce refus – qu’elles ne sont pas comme « nous » ? Car cette affaire est bien une affaire de « nous », une affaire d’identité et non pas une affaire d’intimité.

A l’évidence, aucun autre refus n’aurait pu être ne serait-ce qu’imaginable. Refuser de jouer contre une équipe lyonnaise quand on est stéphanois ? contre une équipe d’une cité HLM quand on vient d’un village résidentiel ? contre le Gazelec quand on est des PTT ? Cela ne tient pas. Et c’est précisément parce que cela ne tient pas que cette affaire est exemplaire.

Refuser de jouer contre une équipe parce qu’on suppose qu’elle est composée d’homosexuels et essentiellement d’homosexuels (ce qui n’est pas le cas), et argumenter ce refus au nom de convictions religieuses, voilà un véritable analyseur des réalités sociales. C'est à cette analyse que participent les réflexions qui suivent.

Que révèle ce refus de jouer un match de football amateur ?

Pour y répondre, j’ai parcouru les commentaires laissés en ligne après les articles de Libération, du Monde, du Figaro, de L’équipe. Il est déjà aisé de constater que cette information de peu d’importance a priori (il s’agit d’un match de football amateur, de ce football amateur dont on ne parle jamais) est la plus commentée de la semaine. Au matin du 8 octobre 2009, on compte dans Libération, 741 commentaires (le second article le plus commenté en compte 360) ; dans le Figaro, 176 commentaires (le second en compte 117) ; dans le Monde 84 commentaires, dans l’Equipe 202 commentaires (troisième article le plus commenté). En l’absence d’une analyse approfondie, je m’en tiendrai à trois réflexions :

Ces réactions expriment d’abord la capacité à réagir sans savoir de quoi il est question. La méconnaissance est au fondement de la plupart d’entre elles. Ceci est très intéressant car il est alors possible de comprendre comment se posent les questions et sur quoi s’établissent les jugements de valeurs spontanés.

La seconde chose que l’on peut lire de ces réactions spontanées, c’est le rapport à la norme qu’elles expriment. La notion de communautarisme fonctionne alors comme révélateur d’un ordre social par rapport auquel se situent de nombreuses contributions.

Enfin, après la méconnaissance et le rapport à la norme, de nombreuses réactions expriment une aversion ordinaire à l’égard de groupes sociaux discriminés. Racisme et homophobie se rejoignent ainsi dans des commentaires qui hiérarchisent les haines et les peurs de l’autre. Du refus de jouer contre une équipe dont l’appellation évoque une orientation sexuelle non conforme, les commentaires glissent vers un affrontement communautaire résumé par les titres « Musulmans contre Gays ».

1 - De la méconnaissance

Le premier élément de méconnaissance se traduit par la surprise d’apprendre qu’il existe un club appelé Paris Foot GAY. Cette surprise se prolonge autour de l’idée qu’il existe un club composé de Musulmans pratiquants. De celui-ci je ne parlerai pas n’ayant pas d’informations précises. Il arrive parfois que suive une litanie d’imbécillités demandant « pourquoi pas une équipe de blondes, de moustachus,… »

Oui, il existe un club appelé Paris-Foot Gay, créé en 2003 dans un but militant qui consiste précisément à lutter contre l’homophobie dans le football, à dénoncer les discriminations (d’autant plus efficaces qu’elles sont souvent discrètes, voire secrètes contrairement à ce qui vient d’être rapporté). Je n’en dirai pas plus, ce club possède un site expliquant son projet.

Mais il existe aussi une Fédération Sportive Gaie et Lesbienne (FSGL), il existe des Gay Games réunissant tous les quatre ans plusieurs milliers d’athlètes…

Ah bon ? mais pourquoi ?

Pourquoi, alors qu’« ils » revendiquent le respect, qu’« ils » combattent la discriminations se marginalisent-« ils » « eux »-mêmes (« ils » et « eux » étant à comprendre comme « les gays ») ? Voilà une des questions qui se retrouve dans les commentaires. Et s’« ils » se marginalisent, « ils » ne récoltent que ce qu’« ils » ont semé. En voici une conclusion simpliste. Simpliste mais logique… Logique simplifiée par la méconnaissance.

Encore une fois, il suffit de prendre le temps de consulter les sites de la FSGL ou de la Fédération des Gay Games pour saisir le projet et comprendre qu’il ne s’agit pas de repli sur soi, que les clubs comme les manifestations sont ouverts à toutes et à tous. Il suffit de se renseigner pour s’apercevoir que les valeurs défendues sont l’inclusion, la participation et le fait de donner le meilleur de soi, que finalement, ce qui compte dans ces structures, c’est le désir de jouer ensemble, c’est le respect des autres et de leurs différences. Il suffit aussi de lire Sport et homosexualités, le petit bouquin que j’ai dirigé pour en savoir plus sur le mouvement sportif homosexuel et l’homophobie et dont vous pouvez lire l'introduction.

Quoiqu’il en soit, la méconnaissance est révélatrice de ce qui fait réagir : la question identitaire, la question de l’ordre social, la question aussi du vivre ensemble.

2 – Communautarisme

Après le refus de jouer, l'affaire pourrait en rester là. Là, c'est-à-dire à une plainte devant la HALDE pour discrimination, c'est-à-dire pour un traitement différencié en raison d'une caractéristique tombant sous le coup de la loi, ici, en l'occurrence, l'orientation sexuelle. Mais les choses se compliquent car l'équipe qui a refusé de jouer contre le Paris-Foot Gay est une équipe qualifiée (par la presse et ses commentateurs) de « communautaire », composée de joueurs musulmans se déclarant pratiquants.

L'acte homophobe caractérisé (il n'est pas question ici de le nier, au contraire) est-il plus grave s'il est produit par une équipe de Musulmans? s'il est justifié par des convictions religieuses? L'aversion pour les homosexuels est-elle plus profonde en ce cas?

La démonstration d'une homophobie ordinaire dans le sport se transforme en stigmatisation des Musulmans et des équipes qualifiées de « communautaires » et paraît soulever une peur (l’islamophobie) bien plus forte que l’homophobie. Les commentaires indiquent comment s'est produit un glissement, depuis la dénonciation légitime de l'homophobie vers le racisme à l'égard des Musulmans. Le titre des articles construit une opposition entre groupes « Musulmans, ils refusent de jouer contre une équipe gay » (le Figaro), « Un club musulman refuse de jouer contre le Paris Foot Gay » (Le Monde)... Ce qui reste de l’information première est celle-ci : des musulmans refusent de jouer contre des homosexuels. D’où le glissement vers les dangers de l’Islam, vers la stigmatisation (souvent haineuse) des Musulmans.

Le racisme prend le pas sur l’homophobie.

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Certes, sur la quantité de commentaires, il y en a de nombreux qui déplorent tout rejet de l’autre, qui dénoncent les discriminations dont sont victimes les musulmans comme les homosexuels. Mais l’impression qui s’en dégage se situe du côté d’une hiérarchisation des rejets. Et surtout d’une incantation lancinante au « repli communautaire », ce repli qui semble tellement inquiéter celles et ceux qui n’ont pas besoin de se replier, tant ils occupent la scène de la domination sociale, politique, économique, voire culturelle. Cette vision «communautariste » du monde, cette incantation qui revient, de façon lancinante, à chaque fois qu’un groupe social dominé s’organise en propre, atteste de l’aveuglement devant les conditions qui rendent nécessaire (parfois même pour des raisons de sécurité) cette organisation. Jouer entre soi, c’est aussi se protéger des autres. Cacher son homosexualité au sein d’une équipe de football, c’est se préserver. D’où la création du Paris Foot Gay.

3 – Aversion ordinaire

Cette information vouée à l’invisibilité (un match de football, ne relevant même pas de la Fédération Française de Football, n’a pas eu lieu) se transforme ainsi en un indicateur des seuils sociaux de tolérance à l’égard de l’expression de la haine. Les insultes à caractère communautaire n’ont pas toutes le même poids. « Sale arabe », « sale juif », « sale nègre » constituent des propos aujourd’hui indéfendables, contrairement à « sale pédé », « sale gouine » ou « salope » (qui pourrait se traduire par « sale femme »)...

Elle atteste aussi de la manière dont la rencontre avec l’autre, même sur un terrain de jeu, est difficile. C’est une aversion ordinaire qui est à l’origine de tout ça. En tant que telle, il importait de la relever. Il ne s’agit pas d’un appel au meurtre. Il s’agit juste de l’impossibilité de rencontrer l’autre, simplement parce qu’il est autre. Cette aversion ordinaire se charge de toutes les angoisses, de toutes les peurs, de toutes les incompréhensions, mais aussi de toutes les certitudes sur ce que doit être un homme, un vrai. La religion prescrit, bien sûr, mais dans les commentaires homophobes qui ont accompagné l’information, bien peu argumentent à partir de références religieuses.

Ce qui précède rappelle la valeur du sport pour analyser le social. Et ceci, précisément parce que le sport est paré de vertus. Les commentaires qui déplorent le refus de jouer le font au nom de ce que « devrait » être le sport. Cet idéal intériorisé d’une pratique respectueuse de soi et d’autrui, d’une pratique « rapprochant » les individus, etc. Or, ce qui s’est produit dans cette histoire, c’est que l’on a aussi eu affaire à une des conséquences du sport : l’opposition entre groupes. Dès lors que s’institue un match : deux camps se délimitent. Il est alors possible que les croyances, les stratégies identitaires, les sentiments d’appartenance se fassent plus fort que le jeu, ou plutôt soient exacerbés par le jeu qui impose de jouer contre. Si l’on en croit les dernières informations, le match pourrait se rejouer.

Et si, au lieu de s’affronter, les deux équipes n’en formaient plus qu’une, répartissant leurs joueurs de façon aléatoire pour jouer véritablement ensemble ?

pour prolonger le débat:

un article de Clémentine Blézeau pour Yagg

un article de Didier Lestrade pour Minorités

un article d'Arlindo Constantino sur le communautarisme pour Minorités

vendredi 5 décembre 2008

Un livre pour comprendre les relations entre sport, homosexualité et homophobie

Un petit ouvrage vient de sortir (en novembre 2008) qui pose la question des rapports entre sport et homosexualité, ou, plus précisément sur la place des homosexuels dans le sport. Chez les sportifs de haut niveau en activité, ils sont invisibles, à part quelques exceptions chez les femmes (Amélie Mauresmo, Sheril Swoops). Dans le mouvement sportif ordinaire, cette place est variable. Elle varie selon le sexe des personnes (il serait plus facile d'être lesbienne et sportive que gay et sportif) mais aussi selon les sports, l'âge des pratiquant-e-s, etc. Pour les institutions sportives, l'homosexualité est "un problème" qui engendre des discriminations homophobes souvent non perceptibles par les personnes qui les produisent comme par celles qui les subissent. Bref, les rapports entre sport et homosexualité ne vont pas de soi. Ceux entre sport et homophobie non plus et sont le plus souvent invisibles. Pas plus que la compréhension de l'existence de jeux sportifs internationaux gays et lesbiens (les Gay Games, les Outgames, les Eurogames) ou de rencontres nationales (Francogames, Tournoi International de Paris). Les "jeux olympiques gays" et leurs dérivés interrogent, tout comme l'existence de clubs sportifs où les pratiquant-e-s sont majoritairement sinon exclusivement homosexuel-le-s. Sport et homosexualités interroge ces réalités sociales en 155 pages complétées d'une abondante bibliographie (12 pages) sur la question. Il rassemble 13 contributions (sommaire ci-dessous) reprenant les communications en langue française réalisées lors du colloque "sport, identités, homosexualité, homophobie" organisé à l'Université Lyon-1 en décembre 2006.

Sport et homosexualités est publié sous la direction de Philippe Liotard par l'association Quasimodo & fils (Carnon - Voir en fin de billet pour les coordonnées).

Sport et homosexualités, quatrième de couverture:

«Quoi, il existe des Jeux Gays, des Jeux pour homosexuels?... Mais pourquoi?»

C’est à cette question que Sport et homosexualités tente de répondre: pourquoi, alors qu’il existait déjà des Jeux olympiques, les homosexuels des deux sexes ont-ils créé, en 1982, un autre événement aux couleurs arc-en-ciel?

Les réponses ne vont pas de soi.

L’incompréhension et la réprobation sont les réactions spontanées les plus habituelles. Sport et homosexualités est donc utile pour aller au-delà des idées reçues. En articulant en treize articles aussi bien le point de vue des acteurs du mouvement sportif homosexuel que les études de terrain, l’ouvrage fait apparaître que les motivations sont bien éloignées d’un quelconque souci de marginalisation communautaire. Complété par une importante bibliographie, il participe au contraire à une véritable mise en question des valeurs traditionnelles du sport, et de ce qu’il produit d’exclusion et d’homophobie ordinaires.»

Sport et homosexualités, Le sommaire :

Philippe Liotard, "Sport, identité, homosexualités, homophobie"

Roberto Mantaci, "La fédération des Gay Games: bilan et perspectives"

Philippe Liotard, "Politique du ludique: l’institution des Gays Games"

Tom Waddell, "Pourquoi des Gays Game?"

Manuel Picaud, "Vingt ans de mouvement sportif gay et lesbien en France"

Sylvain Ferez, "Fête sportive et « vocation » du sport homosexuel"

Sandrine Jamain et Philippe Liotard, "Vêtements et stratégies identitaires aux Gay Games"

Philippe Liotard, "Les Gay Games analyseurs de l’homophobie"

Anaïs Bohuon et Catherine Louveau, "Le test de féminité ou la définition médicalement légitime du corps féminin sportif"

Émilie Sablik et Christine Mennesson, " Homosexualité et sociabilité sportive"

Barbara Ravel et Geneviève Rail, "«Je joue au hockey et je suis gaie, mais ne me traitez pas de butch!»: le paradoxe montréalais"

Guillemette Pouliquen, "L’homophobie dans trois sports pratiqués par des femmes"

Philippe Liotard, "Les fonctions éducatives de l’homophobie dans le sport"

Sport et homosexualités est disponible auprès de l'association Quasimodo & Fils, au tarif de 10€, frais de port compris.

par voie postale: Association Quasimodo & Fils, BP 13, 34280 Carnon, France

par email: quasimodo1 at wanadoo.fr (remplacez at par @)

Association Quasimodo & Fils

mots clés: sport, homosexualité, homophobie, gay games, jeux sportifs gays et lesbiens, sport LGBT, identité,

Bibliographie complémentaire:

Pour prolonger la réflexion, voici d'autres liens et références sur la question:

Un article de la revue Corps et culture, " Homophobie et structuration des jeux sportifs homosexuels", par Yves Le Pogam et ses collaborateurs

Sylvain Ferez, Le Corps homosexuel en jeu, Presses Universitaires de Nancy, 2007

Guillemette Pouliquen, Sport, homophobie et présentation de soi. Stratégies de gestion du label lesbien dans le handball, le football et le rugby féminins, Thèse de troisième cycle, soutenue le 22 novembre 2007, Université Lyon 1.

vendredi 29 février 2008

Interventions de Philippe Liotard sur les thèmes de la sexualité, l'éducation, les rapports entre les sexes, la pornographie. Et finalement le sexe et la cutlure

• "L'amour, le sexe, soi et les autres chez les jeunes, à travers les nouveaux moyens de communication: SMS, MSN, FB et autres GSM", Bruxelles, Université d'hiver de la Fédération Laïque de Centres de Planning Familial, 4 décembre 2009.

• "La chair appareillée: l'orgasme sous assistance", Colloque "Robots, hybrides, cyborgs ; vers une approche de la trans-humanité », Nancy, 1er octobre 2009.

• "Jeunes et modèles de sexualité. L'hypersexualisation, c'est-à-dire?", "Hypersexualisation? Journée d'étude sur la construction de la sexualité des enfants et des adolescents", Namur, 9 décembre 2008.

• "Construction des genres et relations entre les sexes: le couple à l'épreuve de l'égalité", Colloque Régional «Agir pour la prévention des violences faites aux femmes», Metz, 28 novembre 2008.

• "Comportements sexistes: contrôle et usages des corps", Romorantin, 25 novembre 2008.

• "Entrée dans la sexualité, construction du rapport à l'autre, respect de soi et d'autrui", Printemps de la Jupe et du respect, Rennes, 27 mars 2008

• "Entre normes et liberté, peut-on enseigner la sexualité?", Café du genre, Montpellier, 12 février 2008

• "Représentations de la sexualité et structurations des relations garçons-filles", Colloque Violences sexistes. Eduquer au respect mutuel, Rennes, 23 novembre 2008

• "Sexualité des jeunes. Y a-t-il un genre dans la sexualité?", Réseau Santé Jeunes, Pau, 5 novembre 2007

• "Corps et sexualités : l’ethnologie au défi", 131è Congrès national des sociétés savantes et historiques, Grenoble, avril 2006

• "Garçons, filles et sexualité, l’apprentissage du respect mutuel à l’adolescence", Lycée Agricole, Areines, mars 2006

• "Sexe imaginaire et marchandisation du corps", Festival de Cinéma Sex is Politic, Saint-Denis, février 2006

• "Education physique, éducation sexuelle et apprentissage des rapports sociaux de sexe depuis la fin des années 1960 en France, 11ème Carrefour d’histoire du sport, Lyon, octobre 2004.

• "Valeurs du corps et imaginaires de la sexualité: l’homophobie comme indicateur des stéréotypes de genre dans le monde sportif", Deuxième congrès international de la Société de Sociologie du Sport de Langue Française, Université Paris-Sud XI, octobre 2004

• "La construction des genres: sexualités et apprentissage de l’autre", conférence donnée dans le cadre de la semaine de Prévention « Sexualités? Libertés? Egalités?, Mission égalité entre les femmes et les hommes, Université Paul Valéry, Montpellier, mars 2004

• "La Salope et l’étalon. Figures de la sexualité et apprentissage des genres", Premier congrès de l’association française de sociologie, Villetaneuse, février 2004

• "Ornementations génitales : l’esthétique du sexe comme contre-pouvoir", Journées d’études Corps et Objets, Nîmes, septembre 2003.

vendredi 3 février 2006

Sur l'homoparentalité

le débat est alimenté avec ci-dessous un communiqué de la FEDERATION FRANCAISE DES CENTRES LGBT, reproduit avec son autorisation. Suit le texte du manifeste qui expose les arguments contre l'homoparentalité.

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