Cet article contribue au dossier "Mon corps, c'est comme je veux", publié par le Courrier de l'Unesco en juillet-août 2001, consacré aux modifications corporelles de l'apparence, du piercing à la chirurgie esthétique, du maquillage éphémère au tatouage indélébile.

Un dossier qui explore les normes corporelles, les imaginaires de l'apparence, la marchandisation des corps...

jeu des pouvoirs et des désirs, fluctuations culturelles, un dossier pertinent pour saisir ce que vaut le corps dans les sociétés

"En 1976, les punks scandalisent la puritaine Angleterre. Prônant le désordre, ils adoptent l’irrespect comme attitude, fustigent le futur tout tracé que leurs aînés veulent leur imposer et vomissent l’énergie nucléaire, l’économie, la pollution, le travail, les médias… Pour être plus grand, le scandale exploite l’image. Les punks crachent sur l’idéal corporel de l’Angleterre bien-pensante en affichant une apparence aussi repoussante que recherchée, faite de vêtements détournés de leur usage ou bien encore déchirés, tâchés, mariant les couleurs que le bon goût dissocie. Ils arborent des coiffures en crêtes, en cornes ou «à l’iroquoise», utilisent un maquillage outrancier, s’ornent de chaînes. Ce refus se renforce de l’usage sauvage du tatouage, qui recouvre des bras entiers ou des endroits inhabituels (le visage, le cou, le crâne), de la réinvention du piercing (épingles à nourrices, anneaux, portés dans le nez, au sourcil, sur les lèvres, dans les joues) ou encore des scarifications. Grâce à ce corps retravaillé et transgressif, le punk donne très vite de lui-même une image chargée de sens. Les médias exécrés en font un symbole de la décadence et participent à la diffusion de ce nouveau modèle corporel en Europe, en Amérique du Nord et au Japon..."

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le site du courrier de l'unesco

en anglais, The body jigsaw