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  <title>anthropologie, corps, sexe, culture par philippe liotard - anthropo-body.com</title>
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  <description>Anthropologie du corps – corps, culture, société – analyses portant sur les domaines de la sexualité, du sport, des violences, de l'apparence, des différences et des normes corporelles, des politiques du corps, des usages et des prises en charge du corps, de l'éthique (implants, euthanasie, procréation assistée...), des limites du corps (physiques ou imaginaires), de l'image du corps, des usages sociaux du corps (publicité, médias, représentations...), à la construction des identités et aux rapports sociaux de sexe (genre, masculin, féminin), aux mouvements sociaux faisant du corps un étendard (mouvements queer, punk, transgenre, etc.)
Anthropologie du corps. Sexualité. Adolescents. Body-art. Modifications corporelles (Tatouage. Piercing. Implants). Homophobie.</description>
  <language>fr</language>
  <pubDate>Wed, 10 Mar 2010 19:36:11 +0100</pubDate>
  <copyright></copyright>
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  <item>
    <title>sport, homosexualité, homophobie: 2010 année pivot?</title>
    <link>http://blog.anthropo-body.com/post/sport%2C-homosexualit%C3%A9%2C-homophobie-2010-ann%C3%A9e-pivot</link>
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    <pubDate>Thu, 07 Jan 2010 07:28:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>PHL</dc:creator>
        <category>Sport</category>
        <category>football</category><category>homophobie</category><category>homosexualité</category><category>rugby</category><category>sport</category>    
    <description>    &lt;p&gt;2010 s'est ouverte sur plusieurs articles dans la presse sur la question des
homosexuel-le-s dans le sport. Après les polèmiques du dernier trimestre 2009
(&lt;a href=&quot;http://blog.anthropo-body.com/post/Sport%2C-racisme%2C-homophobie...-petite-chronique-de-l-aversion-ordinaire&quot;&gt;match
non joué contre le Paris Foot Gay,&lt;/a&gt; propos de Louis Nicollin ou David
Douillet, etc.), un certain nombre de papiers et de reportages reviennent avec
du recul sur ce qui se joue dans le sport et sur la difficulté de pouvoir y
évoluer de manière sereine lorsque l'on est homo. &lt;a href=&quot;http://www.lemonde.fr/sport/article/2009/12/19/gareth-thomas-legende-du-rugby-gallois-devoile-son-homosexualite_1283259_3242.html&quot;&gt;
L'article du Monde du 19 décembre 2009 sur la révélation par le rugbyman
gallois international Gareth Thomas&lt;/a&gt; avait déjà ouvert la brèche&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le reportage paru dans le 20h de France 2 le samedi 2 janvier et le
documentaire de Michel Royer diffusé le 4 janvier sur Canal + à 20h50 (&lt;a href=&quot;http://television.telerama.fr/television/les-homos-sur-la-touche,50993.php&quot;&gt;dont
on peut voir ici un extrait et l'article de Télérama&lt;/a&gt;) laissent penser qu'il
est désormais possible, en France, non pas de &amp;quot;parler des homosexuels dans le
sport&amp;quot;, mais bien d'interroger la culture sportive dans ce qu'elle contient et
diffuse d'homophobie ordinaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, peut-être que 2010 (qui débute avec deux reportages à deux jours
d'intervalle à des heures de grande écoute sur la difficulté à être homosexuel
dans le sport) peut-elle être pour la France une année à partir de laquelle,
les questions commenceront à se poser sur l'homophobie ordinaire des jeux et du
spectacle sportifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;quelques relais et commentaires sur le documentaire de Michel Royer&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;dans &lt;a href=&quot;http://www.humanite.fr/2010-01-04_Medias_Sport-et-homosexualites&quot;&gt;l'Humanité&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;sur le &lt;a href=&quot;http://gaygamesblog.blogspot.com/2010/01/philippe-liotard-in-canal-plus.html&quot;&gt;blog
des Gay Games&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>Demeure du chaos - Dixième anniversaire</title>
    <link>http://blog.anthropo-body.com/post/Demeure-du-chaos-Dixi%C3%A8me-anniversaire</link>
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    <pubDate>Wed, 09 Dec 2009 22:30:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>PHL</dc:creator>
        <category>chroniques</category>
        <category>demeure du chaos</category>    
    <description>    &lt;p&gt;Ce soir 09/12/09, la Demeure du Chaos fêtait son dixième anniversaire.
Ci-dessous le texte que j'ai lu à cette occasion: &lt;a href=&quot;http://blog.anthropo-body.com/public/4112027221_f618e35b9c_o.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://blog.anthropo-body.com/public/.4112027221_f618e35b9c_o_s.jpg&quot; alt=&quot;10ansDDC&quot; title=&quot;10ansDDC, déc. 2009&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;– Tu as peur du KO&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;– Non je n'ai pas peur du Chaos&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;– Tu as peur du KO. Tout le monde a peur du KO, même les boxeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;– Moi, je n'en ai pas peur. Je n'ai pas peur du chaos. Je n'ai pas peur des
boxeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;– Tu as peur du KO parce que le KO c'est presque la mort, le KO c'est le
comas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;– Je n'ai pas peur du chaos, parce que c'est la vie. C'est l'entrelacement
des vies, des choses, des mondes. C'est le grand fratras.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;– Tu as peur du KO parce que tu ne sais pas ce qu'il y a autour de toi
lorsque ton cerveau se coupe&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;– Je n'ai pas peur du KO. Mon cerveau ne s'arrête jamais. Du chaos qu'il
abrite, il produit des idées, des images, des mots; il produit du sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;– Tu as peur du KO, comme tout le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;– Je n'ai pas peur du chaos. J'ai peur de l'ordre immonde du monde, de
l'ordre qui s'impose au monde, à tout le monde. J'ai peur d'un ordre qui fait
plier les faibles, ployer les justes, s'agenouiller les croyants, qui met KO
les opposants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;– Tu as donc peur du KO...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;– Non pas peur. J'ai peur de l'ordre qui mets KO ceux qui s'y opposent,
celles qui y résistent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;– Tu vois, tu as peur du KO&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;– J'ai peur de la mort. Le KO c'est presque la mort. C'est le comas. J'en ai
presque peur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;– Tu vois, tu en as presque peur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;– Mais je n'ai pas peur du chaos. Le chaos, c'est la richesse du désordre
qui génère l'inattendu, l'improbable, l'impensable même. Je n'ai pas peur du
chaos, je n'ai pas peur de l'amoncellement, de la juxtaposition, des mariages
contre nature et des natures hybrides. Je n'ai pas peur de l'émergence
aléatoire de liens invraisemblables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;– De quoi as-tu peur alors?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;– De la mort je t'ai dit. J'ai peur de la mort. J'ai peur de l'ordre
biologique qui nous conduit à la mort, de l'ordre politique qui justifie nos
morts. J'ai peur de la mort des autres. J'ai peur de la mort des idées et du
désordre qu'elles contiennent. J'ai peur du chaos de la chair quand il en sort
des métastases. Je n'ai pas peur du chaos de la chair quand il produit
l'orgasme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;– Tu as peur et tu n'as pas peur alors?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;– Oui, j'ai peur. Mais pas du chaos en tant que chaos. J'ai peur de ce qu'il
en sort. J'ai espoir en ce qu'il en sort. J'ai peur de l'ordre qui prétend que
le chaos c'est le chaos, de l'ordre qui sait que le chaos c'est la vie et qui
affirme que le chaos c'est la mort, pour contrôler la vie, pour juguler
l'espoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;– Tu as peur du pouvoir&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;– Non je n'ai pas peur du pouvoir, parce que le pouvoir c'est la puissance
pratique, le pouvoir c'est ce que &lt;em&gt;nous&lt;/em&gt; pouvons, &lt;em&gt;contre&lt;/em&gt; les
pouvoirs s'il le faut. Le pouvoir, c'est ce que nous sommes, c'est ce que nous
faisons. Nous avons le pouvoir de changer le monde, de changer sa
représentation, de changer le corps, de varier les plaisirs. Nous avons le
pouvoir de dire non, le pouvoir de brouiller les cartes. Nous avons le pouvoir
de croire.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>Eduquer à la sexualité: enjeux et débats à l'école, comme ailleurs</title>
    <link>http://blog.anthropo-body.com/post/Eduquer-%C3%A0-la-sexualit%C3%A9-enjeux-et-d%C3%A9bats-%C3%A0-l-%C3%A9cole-comme-ailleurs</link>
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    <pubDate>Sun, 06 Dec 2009 13:12:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>PHL</dc:creator>
        <category>Sexualités</category>
        <category>anthropologie</category><category>Belgique</category><category>contraception</category><category>corps</category><category>couple</category><category>culture</category><category>femmes</category><category>filles</category><category>garçons</category><category>genre</category><category>hommes</category><category>hypersexualisation</category><category>Internet</category><category>jeunes</category><category>médias</category><category>normes</category><category>prévention</category><category>rapports sociaux de sexe</category><category>santé</category><category>sexe</category><category>sexualité</category><category>sociologie</category><category>valeurs</category><category>vie affective</category><category>web 2.0</category><category>éducation</category>    
    <description>    &lt;p&gt;Les 3 et 4 décembre 2009, la Fédération Laïque de Centres de Planning
Familial de Belgique a organisé aux ateliers des Tanneurs, à Bruxelles sa
quatrième Université d'Hiver (&lt;a href=&quot;http://www.planningfamilial.net/assets/files/FLCPF-UH2009progr.pdf&quot;&gt;voir le
programme&lt;/a&gt;). Elle a été consacrée à une analyse critique de l'éducation à la
sexualité et à la vie affective. C'est dans ce cadre que je suis intervenu,
pour une conférence intitulée:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;« &lt;em&gt;L'amour, le sexe, soi et les autres, à travers les nouveaux
moyens de communication: SMS, MSN, FB et autres GSM&lt;/em&gt; »&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette conférence a été construite pour répondre au questionnement du
planning familial, tel qu'il a été formulé ci-dessous dans son
argument :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;« L’éducation à la vie affective et sexuelle ne se limite pas à
l’apprentissage de la fécondité et de la contraception, des conduites à risques
ou des gestes techniques des relations sexuelles mais inclut forcément une
réflexion sur les valeurs et plus précisément sur la valeur que l’on donne ou
que l’on prête à l’autre et à soi-même.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Investissant l’espace de l’intime, l’éducation à la sexualité est éminemment
culturelle, sociale et politique. La société dans laquelle nous vivons nous
conditionne en effet fortement, à travers les lois édictées, les images
véhiculées par les médias et la culture, les discours religieux et moraux,
voire à travers les règlements d’écoles, etc. Le milieu familial et social,
premier lieu d’éducation, nous inculque de façon consciente ou inconsciente les
normes et les valeurs qui participeront à faire de nous des hommes et des
femmes épanouis dans leur vie amoureuse et/ou sexuelle et respectueux de celle
des autres… ou non. Et parmi les multiples acteurs qui construisent nos
connaissances, nos valeurs et in fine notre vie sexuelle et affective, les
professionnels des centres de planning familial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Communauté française de Belgique, ils ont en effet, notamment, pour
mission d’organiser des activités de prévention, afin de préparer les jeunes à
la vie affective et sexuelle et d’assurer l’information et de susciter la
réflexion auprès des adultes, sur ce thème. La Fédération Laïque de Centres de
Planning Familial a voulu prendre le temps d’une réflexion large sur le sens de
l’éducation à la sexualité au sein de la société. Et, à l’heure où les
politiques envisagent de généraliser l'éducation à la vie affective et sexuelle
à l’école, en questionner les objectifs, les influences et rôles respectifs des
différents acteurs, … et la pertinence. »&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Décidément, il se passe plein de choses en Belgique. Et en matière de
réflexions et d'outils francophones, on pourrait même se demander si la
Belgique n'est pas en train de devenir une sorte de Québec européen sur les
questions d'éducation à la sexualité, de lutte contre les violences entre
partenaires, etc. L'enchaînement des universités d'hiver du Planning familial
fait apparaître comment les problèmes de société qui interfèrent avec
l'éducation sexuelle des jeunes sont appréhendés et non pas rejetés (2006: Le
plaisir, une question politique?; 2007: 35 ans de lutte entre militantisme et
professionnalité; 2008: Diversité d'univers. Sexualité et multiculturalité). De
même la brochure &lt;em&gt;&lt;a href=&quot;http://www.ifeelgood.be/NR/rdonlyres/B9FDDB65-41E5-4A66-ADB7-4A157D5ED7B7/0/ifeelgoodHypersexualisation.pdf&quot;&gt;
Hypersexualisation. Trop, trop tôt, trop vite&lt;/a&gt;&lt;/em&gt; éditée par Latitude
Jeunes (Namur) et disponible sur le site de ressources &lt;a href=&quot;http://www.ifeelgood.be/Ifeelgood&quot;&gt;ifeelgood.be&lt;/a&gt;, ou encore la rédaction et
la diffusion de la charte &lt;a href=&quot;http://www.byebyeprejuges.be/&quot;&gt;bye bye
préjugés&lt;/a&gt;, attestent d'une multitude d'initiatives en direction de publics
divers, initiatives mettant au centre les questions des rapports sociaux de
sexe, de la construction des genres, de la persistance des stéréotypes sexuels,
des préoccupations identitaires...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question posée par la quatrième université d'Hiver du Planning familial
en Belgique est celle de la pertinence d'une éducation à la sexualité. En
France, l'éducation sexuelle est instituée par la circulaire du 23 juillet
1973, ou circulaire Fontanet qui institue une information sur la sexualité
(essentiellement en vue de prévenir les grossesses non désirées) et de manière
optionnelle une possibilité d'intervenir (en dehors de l'emploi du temps, sous
la responsabilité du chef d'établissement et avec autorisation des parents pour
les mineurs à l'époque âgés de moins de 21 ans) sur l'éducation sexuelle. La
circulaire établie ainsi la distinction entre d'une part une instruction (qui
consiste à transmettre des connaissances sur &amp;quot;comment on fait les bébés&amp;quot; pour
ne pas en faire) et par ailleurs une éducation, qui, elle, devrait intégrer une
discussion sur les normes, les valeurs, les significations associées à la
sexualité, dans le but d'aider les parents. Autant dire que si l'instruction a
pu par endroits être mise en oeuvre (en général par l'enseignant chargé des
sciences au moment du cours sur &amp;quot;la fonction de reproduction&amp;quot;) la question de
l'éducation est restée bien sagement dans les tiroirs où les chefs
d'établissement avaient classé la circulaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trente ans plus tard, la circulaire d'application du 17 février 2003
généralise et rend obligatoire (après plusieurs étapes) l'éducation à la
sexualité dans les établissements du premier et du second degré &amp;quot;à raison d'au
moins trois séances annuelles et par groupe d'âge homogène&amp;quot; (article 22 du Code
de l'Education).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci étant posé, la question demeure de savoir ce qui se fait effectivement
dans les établissements secondaires. En l'absence de données précises sur ce
point, d'autre questions se posent: que peut-on faire? que doit-on faire?
comment le faire...?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis une question plus simple, sans doute préalable aux autres: de quoi
parle-t-on quand on parle d'éducation à la sexualité ou d'éducation à la vie
affective?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vie affective, la vie sexuelle sont des réalités qui s'apprennent,
pourrait-on dire, sur le tas, sinon sur le tard. Il s'agirait du résultat d'un
apprentissage que chacun ferait au fur et à mesure de son histoire et des
rencontres qui, depuis sa plus tendre enfance, la jalonnent. Il s'agirait donc
d'un apprentissage qui se ferait par soi, en relation avec autrui, un
apprentissage qui, loin d'être spontané, se ferait néanmoins sans que l'on n'y
prenne garde et parfois malgré soi. Bref, une construction individuelle qui
s'élaborerait dans un environnement social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et voilà que cette manière d'intérioriser la vie relationnelle, affective,
sexuelle doit être infléchie par des choix politiques. Voilà qu'une éducation
s'est constituée pour que l'apprentissage soit orienté, conduit vers quelque
chose d'autre, considéré comme souhaitable, ou tout au moins conduit en dehors
de certains chemins considérés comme problématiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La première journée de l'Université d'Hiver a montré l'importance de la
définition. Il importe donc de penser la notion d'éducation comme double
processus. Et dans un second temps, à partir de cette définition, de
s'interroger sur la pertinence et l'impertinence qu'il y a de mettre en oeuvre
un programme d'action visant à éduquer les jeunes générations à la vie
affective et sexuelle, c'est-à-dire, tout simplement à la vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voilà d'où part ma contribution à cette université d'hiver. L'éducation est
un double processus de transmission/intériorisation d'une culture. La
transmission des éléments de la culture (qu'il s'agisse d'éléments objectifs ou
d'éléments subjectifs) se fait depuis les générations adultes, les institutions
et tous les médias vers les jeunes générations. L'intériorisation de ces
éléments se fait par les jeune générations qui vont se les approprier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Déjà, on voit comment le processus est complexe. D'un côté une intention,
qui vise à transmettre des choses considérées comme importantes (des savoirs,
des modèles de comportements, des idéaux...). De l'autre une réception, qui
retient certaines de ces choses tout en les redéfinissant selon des manières de
penser, de sentir et d'agir propres à l'époque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est sur cette rencontre que je suis intervenu, entre le désir des adultes
de contribuer à l'épanouissement et au bien-être des jeunes générations et
celui de ces dernières d'expérimenter leurs propres désirs selon des modalités
qui, précisément, ne sont pas nécessairement valorisées par les adultes. Cette
rencontre est aussi celle des espoirs (de l'éducation) et des angoisses (à
l'égard des jeunes générations). Travailler sur les nouveaux moyens de
communication, le web2.0, les téléphones portables (GSM), les réseaux sociaux
(tel facebook), les SMS et autres manières d'entrer (ou de rester) en
communication avec autrui permet d'articuler tous ces éléments. Cela permet de
faire émerger le fait que loin d'être des outils dont il faudrait se méfier,
ils permettent aux jeunes qui les manipulent d'expérimenter une vie
relationnelle par de nouveaux canaux se caractérisant par l'instantanéité,
l'ouverture au monde, l'ubiquité... La circulation des informations (sur le
sexe, sur l'amour, sur le couple, sur les filles et sur les garçons) permet aux
jeunes de communiquer et d'apporter des réponses aux questions qu'ils se posent
là où, trop souvent, les institutions(éducatives, de santé...) apportent des
informations à des problèmes formulés par elles-mêmes. L'auto-régulation
existe, les systèmes de contrôle collectif, les valeurs n'ont pas disparu et
proposent des garde-fous que les jeunes usagers construisent eux-mêmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien sûr, il y a des risques. Comme il y a des risques à entrer en couple, à
faire l'amour, à conduire un engin motorisé. Il y a des risques à s'exposer sur
Internet, comme il y en a à manipuler une scie sauteuse. Mais c'est aussi dans
l'usage de l'Internet et des réseaux sociaux que l'on apprend à être soi en se
confrontant aux autres, à livrer de soi ce que l'on désire montrer à autrui et
à recevoir d'autrui des retours permettant de devenir soi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eduquer (au sens de transmettre) suppose de savoir ce qui a déjà été appris,
notamment lorsque les apprentissages résultent d'influences diffuses comme cela
est essentiellement le cas en matière de vie relationnelle, affective ou
sexuelle. Par conséquent, avant de juger une &amp;quot;culture jeune&amp;quot;, avant de
s'angoisser devant des usages qui nous dépassent ou dont nous n'avons pas
connaissance, importe-t-il d'observer. Sur le sexe, sur l'amour, les
adolescents et les adolescents savent des choses, sur les relations entre les
garçons et les filles aussi. Ce qui compte, en matière d'éducation, c'est de
s'appuyer sur ces réalités, qu'elles nous plaisent ou non, pour amener les
jeunes à emprunter d'autres chemins, si nous le jugeons utile et si les jeunes
eux-mêmes en perçoivent l'intérêt. Des normes sont nécessaires, des codes
comportementaux doivent être posés. Néanmoins, l'on sait qu'il sont d'autant
plus efficaces qu'ils ont été appropriés par celles et ceux dont ils vont
réguler les comportements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors oui, le débat est ouvert en matière d'éducation. Et pour qu'il soit
fécond, regardons ce qui se passe. Sans nous affoler. Et écoutons de même ce
que les jeunes générations, toujours habiles à manier les outils que nous leur
avons légués par la révolution numérique, ont à nous apprendre.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blog.anthropo-body.com/post/Eduquer-%C3%A0-la-sexualit%C3%A9-enjeux-et-d%C3%A9bats-%C3%A0-l-%C3%A9cole-comme-ailleurs#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Thierry Henry:  &quot;Il y a main mais je ne suis pas l'arbitre&quot;</title>
    <link>http://blog.anthropo-body.com/post/Thierry-Henry-Henry-Il-ya-main-mais-je-ne-suis-pas-l-arbitre</link>
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    <pubDate>Thu, 19 Nov 2009 15:37:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>PHL</dc:creator>
        <category>Sport</category>
        <category>arbitrage</category><category>coupe du monde</category><category>football</category><category>thierry henry</category><category>triche</category><category>valeurs du sport</category><category>éthique sportive</category>    
    <description>&lt;p&gt;&amp;quot;J'ai triché? et alors, seul le résultat compte. La France est qualifiée&amp;quot;.
Voilà ce que pourrait dire Thierry Henry aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les moyens sont bons. Certes. Mais toutes les fins se valent-elles? Et
quelles valeurs sont ici mises en avant?&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Après son geste délibéré dans le match de qualification du 18 novembre 2009
pour la Coupe du Monde de football en Afrique du Sud opposant l'équipe de
France de football à celle d'Irlande, le capitaine Thierry Henry a déclaré dans
une interview:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;quot;Vous avez décroché votre qualification sur un but qui va faire couler
beaucoup d’encre…&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;T.H. : &lt;strong&gt;Oui, ça c’est sûr. Mais ce qui est fait, est fait. Je le
dis : Il y avait main. L’arbitre ne l’a pas vue. Voilà…&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup d’Irlandais vont certainement penser que l’équipe de France s’est
qualifiée sur une tricherie…&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;T.H. : &lt;strong&gt;Je ne suis pas l’arbitre. Le ballon m’a touché la main.
Je suis honnête, il y avait main.&lt;/strong&gt; (...) &lt;strong&gt;Sur l’action,
Sébastien Squillaci est à la lutte avec deux joueurs et le ballon m’est arrivé
dessus puis a touché ma main. Je l’ai joué. L’arbitre a accordé le
but…&lt;/strong&gt;&amp;quot;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moins, on sait deux choses: 1) Thierry Henry a touché le ballon de la
main 2) Thierry Henry n'est pas l'arbitre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.dailymotion.com/video/xb75nh_main-de-thierry-henry-france-irland_sport&quot;&gt;
Sur les images&lt;/a&gt;, il est possible de constater que non seulement le ballon
lui a touché la main mais que, plus précisément, il a contrôlé le ballon de la
main, ce qui lui a permis d'en redresser la course et de faire une passe
décisive à son partenaire. Voilà pour les faits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Thierry Henry a donc commis en toute conscience une infraction au règlement,
en espérant ne pas être sanctionné. Thierry Henry a triché. Voilà pour le
jugement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est peut-être un homme vertueux comme semble le dire le président de la
Ligue Française de Football, mais il a triché. Il a sans doute une belle
carrière derrière lui, mais il a triché. Il n'est peut-être &amp;quot;&lt;em&gt;pas le genre à
pratiquer de l'antijeu et à faire des gestes anti-sportifs&lt;/em&gt;&amp;quot; selon la
secrétaire d'Etat, mais il a triché.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lui le sait bien. Et tous ceux qui savent lire une image en mouvement le
savent aussi. Pas la Secrétaire d'Etat aux sports, certes, qui dit: &amp;quot;&lt;em&gt;vous
ne pouvez pas savoir exactement d'où vient le ballon et où il part&lt;/em&gt;&amp;quot; (si
comme moi vous n'y connaissez rien pourrions-nous rajouter). Mais toute
personne ayant déjà vu un sport collectif quel qu'il soit a pu constater
comment le ballon a été conduit par le joueur, de manière à pouvoir le jouer.
Sans ce geste, le ballon sortait. Il n'y a là aucune chance comme Daniel
Cohn-Bendit veut le faire croire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est remarquable d'ailleurs, c'est la convergence des propos: Daniel
Cohn-Bendit, Rama Yade, et le monde du football français réunis dans la
mauvaise foi au nom de la qualification espérée, de la cohésion nationale
nécessaire, du &lt;a href=&quot;http://www.revue-quasimodo.org/PDFs/3-4%20-%20Liotard%20Sport%20ImaginairesNationalisme.pdf&quot;&gt;
nationalisme sportif&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est remarquable également, c'est que les gardiens de l'éthique
sportive, qui ne manquent pas de la convoquer au moindre bruissement, révèlent
sur quoi est fondée cette éthique: le résultat. Tous les moyens sont bons du
moment que l'arbitre n'a pas constaté l'infraction et ne l'a pas sanctionnée.
Toutes celles et tous ceux qui aujourd'hui – ayant vu les images en question –
continuent à nier l'intentionnalité du geste d'Henry parce qu'il sert l'intérêt
d'une équipe de mercenaires qualifiée de nationale, tous ceux-là affirment en
fait qu'il a bien fait de le faire. Thierry Henry n'a pas produit un geste
anti-sportif puisqu'il respecte l'esprit sportif: l'important, c'était de se
qualifier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les contradictions sont belles chez les vertueux qui ne manqueront pas de
condamner en d'autres occasions ceux qu'ils qualifieront de tricheurs,
étrangers si possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moment du débat sur l'identité nationale, on voit sur quoi elle peut se
construire. Un projet commun, une émotion partagée qui rendent aveugles dans
des activités aussi futiles que le football et qui adulent ceux qui trichent du
moment qu'ils contribuent à la grandeur de la France&lt;/p&gt;
&lt;h5&gt;Pour prolonger la réflexion:&lt;/h5&gt;
&lt;p&gt;Revue Quasimodo, N°3/4 &lt;a href=&quot;http://www.revue-quasimodo.org/Quasimodo%20-%203-4_National.htm&quot;&gt;Nationalismes
sportifs&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blog.anthropo-body.com/post/Thierry-Henry-Henry-Il-ya-main-mais-je-ne-suis-pas-l-arbitre#comment-form</comments>
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      </item>
    
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    <title>Match de football contre toutes les discriminations Samedi 14 novembre 2009</title>
    <link>http://blog.anthropo-body.com/post/Match-de-football-contre-toutes-les-discriminations-Samedi-14-novembre-2009</link>
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    <pubDate>Fri, 13 Nov 2009 08:11:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>PHL</dc:creator>
        <category>Actu</category>
        <category>discrimination</category><category>homophobie</category><category>mysoginie</category><category>Paris Foot Gay</category><category>racisme</category><category>sexisme</category><category>sport</category>    
    <description>    &lt;p&gt;Un match de football contre toutes les discriminations, c'est un projet
ambitieux. D'autant que nombreuses d'entre elles restent inaperçues, tant par
ceux qui les produisent que par ceux qui les subissent. Racisme, sexisme,
homophobie, seront les discriminations contre lesquelles luttent les
associations présentes. Après le refus de jouer du club de Créteil Bébel, les
déclarations de Louis Nicollin, les écrits exhumés de &lt;a href=&quot;http://bibliobs.nouvelobs.com/20091104/15693/david-douillet-naime-pas-les-tapettes&quot;&gt;
David Douillet&lt;/a&gt;, on s'aperçoit que l'actualité alimente à échéance régulière
la manifestation d'une suprématie masculine sexiste et homophobe qui trouve,
dans le milieu sportif, &lt;a href=&quot;http://blog.anthropo-body.com/post/2008/12/05/Sport-et-homosexualites&quot;&gt;un
terrain d'expression favorable&lt;/a&gt;. Il produit même des discriminations
spécifiques, réglementaires: les discriminations liées au niveau de pratique
qui engendrent un traitement inégalitaire. Les bonnes équipes bénéficient des
bonnes installations, les autres des installations &amp;quot;qui restent&amp;quot;. Cette
discrimination est admise et jamais discutée comme telle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je relais l'info: un match &amp;quot;contre toutes les discriminations&amp;quot;:&lt;/p&gt;
&lt;h5&gt;communiqué de presse du Paris Foot Gay&lt;/h5&gt;
&lt;p&gt;Grand match de lutte contre les discriminations au stade Charléty le samedi
14 novembre 2009 à 15H&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(entrée gratuite).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite &lt;a href=&quot;http://blog.anthropo-body.com/post/Sport%2C-racisme%2C-homophobie...-petite-chronique-de-l-aversion-ordinaire&quot;&gt;
au refus du club Créteil-Bebel de jouer contre notre club&lt;/a&gt; , nous organisons
avec le soutien de la Mairie de Paris un match amical de lutte contre toutes
les formes de discriminations, où les joueurs du Paris Foot Gay affronteront
une sélection composée de représentants associatifs, de responsables
politiques, d'anciens sportifs de haut niveau ainsi que de personnalités.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le coup d'envoi, donné par notre marraine Agnès b., aura lieu à 15H, et sera
précédé du discours de l'Adjoint au Maire de Paris chargé de la Culture,
Christophe Girard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet événement sera l'occasion pour les associations participantes de
présenter leur travail militant au travers de la tenue d'un stand :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Act up - Aides - Culture Foot Solidaire - Fédération des Gay Games - FIDL -
France Terre d'Asile - FSGL - Humanity in Action - Inter GLBT - LICRA - Nef des
Fiertés - Ni putes Ni soumises - MRAP - Musifoot - SOS Homophobie - Sos Racisme
- So Films - UEJF - Tjenbé Red.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face aux membres du Paris Foot Gay, les joueurs de l'équipe
b.yourself :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Franck Annese (So Films), Jean-François Dereck (humoriste) Mohamed Dridi
(ancien champion du monde de Kickboxing)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enoch Effah (triple champion du monde de Boxe), Patrice Finel (Conseiller
général de Vigneux),&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pierre Henry (Directeur général de France Terre d'Asile), Anthony Kavannah
(artiste)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean-Claude Mbvoumin (Président de Culture Foot Solidaire), Jean Vuillermoz
(Adjoint au Maire chargé des sports).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, la Ligue de Foot Professionnelle nous fera l'honneur de sa
présence et sera représentée par Jean-François Thouvenot.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, le lever de rideau opposera l'équipe de journalistes de Libération à
celle de France Info.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous vous attendons nombreux pour venir nous soutenir. &amp;quot;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>Chute du mur de Berlin, Histoire et Enseignement. Je n'étais pas à Berlin en 1989</title>
    <link>http://blog.anthropo-body.com/post/Chute-du-mur-de-Berlin-Histoire-et-Enseignement</link>
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    <pubDate>Tue, 10 Nov 2009 11:49:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>PHL</dc:creator>
        <category>chroniques</category>
        <category>1989</category><category>agrégation</category><category>enseignement</category><category>histoire</category><category>Mur de Berlin</category><category>savoir</category><category>élèves</category>    
    <description>    &lt;p&gt;En novembre 1989, j'étais enseignant au collège des Mureaux. Enseignant
d'EPS, baskets, survet, casquette. Enseignant, donc et à ce titre, admis à
passer le temps entre deux cours en salle des professeurs avec mes prestigieux
collègues. Nous étions peu d’agrégés mais j’avais compris – que je le veuille
ou non – qu’à ce titre je faisais partie d’une élite institutionnelle à défaut
d'appartenir à une élite pédagogique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En novembre 1989, j’étais donc jeune agrégé au collège Paul Verlaine des
Mureaux. «&lt;em&gt;Pour un premier poste t’es bien tombé&lt;/em&gt;» m’avait-on dit
ironiquement. Oui, j’étais bien tombé. Je venais depuis Paris par le train en
longeant la Seine et le collège portait le nom d’un poète.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mai 1990, tout le monde savait que le Mur était tombé. Un jour que
j’étais assis en salle des professeurs à lire, sans doute de la philosophie, de
la sociologie, de l'histoire ou bien encore un roman, j’écoutais distraitement
mes collègues professeurs d’histoire se plaindre des élèves. Je ne me souviens
pas si les deux étaient agrégés (nous étions quatre dont deux d'histoire). Peu
importe. Celui qui parlait l’était. Son savoir historique était immense, ou
plutôt son savoir historique académique était immense. Il avait passé l’année à
se plaindre des élèves, ces incultes parfaits qui savaient et comprenaient
moins de choses qu’un jeune agrégé suffisant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mai 1990, donc, les élèves de troisième se préparaient au Brevet. Et ils
posèrent une question à leur enseignant. Laissons-le raconter. Nous sommes, je
vous le rappelle, en salle des professeurs du collège.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;« &lt;em&gt;Qu’est-ce qu’ils sont bêtes. Tu sais ce qu’ils m’ont demandé
?&lt;/em&gt; avait-il interrogé son collègue enseignant d’histoire lui-même qui ne
savait pas…&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;« &lt;em&gt;il y en a un qui m’a demandé&lt;/em&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;— ''monsieur, qu’est-ce qu’il faut dire au brevet pour le Mur de
Berlin ? '' — &lt;em&gt;comment ça qu’est-ce qu’il faut dire ?&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;— &lt;em&gt;ben vous nous avez appris qu’il y a un mur et maintenant, il n’y en a
plus&lt;/em&gt;… »&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’enseignant commente à son collègue : « &lt;em&gt;Tu te rends
compte ? Ils sont vraiment nuls&lt;/em&gt; ».&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J’ai arrêté de lire. Je n’ai rien dit. Il n'y avait rien à dire. Juste
sourire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne trouvais pas ça nul. Plutôt bien vu. Et en tout cas très révélateur du
sens que prenait pour les élèves ce qu’ils apprenaient en classe. Bien sûr, fin
1989 début 1990, personne n’avait pu échapper à une telle information. Et il
est plutôt rassurant de savoir que les élèves avaient fait la liaison entre le
« vrai » Mur qui n’existait plus et le Mur « scolaire »
dont ils avaient appris l’existence dans un chapitre de leur cours sur la
Guerre froide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voilà mon souvenir de la chute du Mur. La surprise d’un enseignant face à la
question naïve d’un élève qui lui indiquait pourtant comment se construit le
savoir scolaire, contre le savoir que l’on se construit soi, avec les moyens du
bord. L’élève en question avait pourtant bien appris au moins deux choses.
D’abord sa leçon d’histoire, telle que le prof la lui avait faite et telle que
son manuel d’histoire la racontait. Ensuite qu’au collège, ce qui compte pour
avoir une bonne note, c’est de dire ce que l’on a appris au collège.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>Notre combat: Liberté de la presse, autonomie économique et débat démocratique</title>
    <link>http://blog.anthropo-body.com/post/Libert%C3%A9-de-la-presse-autonomie-%C3%A9conomique-et-d%C3%A9bat-d%C3%A9mocratique</link>
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    <pubDate>Mon, 09 Nov 2009 08:49:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>PHL</dc:creator>
        <category>Débats</category>
        <category>démocratie</category><category>Indépendance</category><category>Internet</category><category>Le Monde diplomatique</category><category>Liberté</category><category>MAUSS</category><category>Pluralité</category><category>Presse</category>    
    <description>    &lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.monde-diplomatique.fr/2009/10/&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://blog.anthropo-body.com/public/.50875-5326_movizdb.com_s.jpg&quot; alt=&quot;monde diplomatique 2009 octobre&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;monde diplomatique 2009 octobre, nov. 2009&quot; /&gt;&lt;/a&gt; Dans &lt;em&gt;Le Monde
diplomatique&lt;/em&gt; d'octobre 2009, Serge Halimi signe un long article intitulé
&lt;a href=&quot;http://www.monde-diplomatique.fr/2009/10/HALIMI/18192&quot;&gt;&amp;quot;Notre
combat&amp;quot;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il situe les enjeux de la presse indépendante dans une démocratie, à l'heure
où ce qui est présenté comme de l'information est distribué gratuitement matin
et soir aux entrées de métro et dans les gares. L'analyse des tendances
actuelles est convaincante, y compris, et surtout, dans le rapport de la presse
écrite à Internet et à la publicité. En clair, dans le modèle actuel, toute
information rendue accessible par un quotidien ou un hebdomadaire, mais aussi
par &lt;em&gt;le Monde diplomatique&lt;/em&gt;, l'est uniquement parce que des lecteurs ont
acheté un exemplaire en kiosque ou souscrit un abonnement. Le papier vendu
autorise économiquement la mise en ligne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour continuer à vivre au niveau d'exigence qui est le sien, Serge Halimi,
rédacteur en Chef du &lt;em&gt;Diplo&lt;/em&gt; (comme les habitués nomment le journal) ne
se contente pas de décrire une situation et de l'inscrire dans une tendance
lourde. &amp;quot;&lt;em&gt;La question qui nous est collectivement posée est simple,&lt;/em&gt;
écrit-il : &lt;em&gt;qui d’autre que nous va continuer à financer un journalisme
d’intérêt général ouvert sur le monde?&lt;/em&gt;» A le lire, on peut s'interroger
sur la constitution de ce nous? Est-ce les journalistes du journal? Sans doute,
mais pas seulement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce &amp;quot;nous&amp;quot;, Halimi associe bien sûr l'&lt;a href=&quot;http://www.amis.monde-diplomatique.fr/&quot;&gt;association des Amis du Monde
diplomatique&lt;/a&gt;. Actionnaire à hauteur de 25% du capital de la société &lt;em&gt;Le
Monde diplomatique SA&lt;/em&gt;, l'association des Amis du Diplo constituée de
lectrices et de lecteurs participe ainsi à l'indépendance du journal. Mais il
associe également les kiosquiers qui exposent, voire réclament le journal, les
enseignants qui font connaître le journal à leurs élèves et qui réfèrent aux
documents annexes (&lt;em&gt;Manière de voir&lt;/em&gt;, l&lt;em&gt;'Atlas&lt;/em&gt;...), la presse
alternative qui tire profit des informations produites par &lt;em&gt;le Monde
diplomatique&lt;/em&gt;… et bien sûr tous les lecteurs et les lectrices pas pressés,
préférant le recul de l'analyse à la course au scoop, ou plutôt la mise en
question des scoops successifs par un article réalisé grâce à un travail dans
la durée.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conclusion de l'article de Serge Halimi est militante. Elle expose un
moyen simple de garantir l'Indépendance éditoriale du journal, de perpétuer la
rigueur de l'analyse qu'il défend: aider le journal grâce à &lt;a href=&quot;http://www.monde-diplomatique.fr/dons&quot;&gt;un don&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par son appel au don des lecteurs, Serge Halimi va bien au-delà d'un appel à
soutenir &amp;quot;son&amp;quot; journal. Il exprime un combat pour des valeurs dans lequel les
modalités de la liberté relèvent de l'engagement de chacun, la garantie de la
pluralité se construit dans un geste désintéressé (bénéficiant certes de la
nouvelle loi sur la presse permettant de défiscaliser le don), le débat
démocratique est rendu possible par la contribution des lecteurs aux moyens de
production d'une publication affranchie des grands groupes marchands pour qui
l'information est toujours associée à quelque chose à vendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par cette initiative, Halimi rappelle la possibilité de s'engager dan un
journalisme antiutilitariste (au sens du &lt;a href=&quot;http://www.revuedumauss.com/&quot;&gt;MAUSS,&lt;/a&gt; le Mouvement anti-utilitariste dans
les sciences sociales) mais bien utile à la vie de la pensée et nécessaire au
débat démocratique. C'est la raison pour laquelle il s'agit bien de &amp;quot;notre&amp;quot;
combat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour prolonger la discussion:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;une critique de la &lt;a href=&quot;http://www.arte.tv/fr/3044576.html&quot;&gt;soirée
d'Arte du 11 février 2010&lt;/a&gt; consacrée à l'Information et à Internet, sur le
&lt;a href=&quot;http://blog.mondediplo.net/2010-02-10-Effroyables-imposteurs-sur-Arte-le-roi-est-nu&quot;&gt;
blog du monde diplomatique, Information 2.0&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;pour continuer, un n° de &lt;a href=&quot;http://www.monde-diplomatique.fr/mav/109/&quot;&gt;Manière de voir consacré à
Internet&lt;/a&gt; et à la révolution culturelle qui semble en découler&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blog.anthropo-body.com/post/Libert%C3%A9-de-la-presse-autonomie-%C3%A9conomique-et-d%C3%A9bat-d%C3%A9mocratique#comment-form</comments>
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  <item>
    <title>Stérilisation forcée de femmes au Pérou</title>
    <link>http://blog.anthropo-body.com/post/St%C3%A9rilisation-forc%C3%A9e-de-femmes-au-P%C3%A9rou</link>
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    <pubDate>Sun, 08 Nov 2009 11:44:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>PHL</dc:creator>
        <category>Actu</category>
        <category>corps</category><category>eugénisme</category><category>femmes</category><category>photo</category><category>stérilisation</category><category>violence</category>    
    <description>    &lt;p&gt;L'information n'est pas nouvelle. Elle a donné lieu à un article de
Françoise Barthélémy dans le Monde diplomatique en mai 2004 , &amp;quot;&lt;a href=&quot;http://www.monde-diplomatique.fr/2004/05/BARTHELEMY/11190&quot;&gt;Stérilisations
forcées des Indiennes du Pérou&lt;/a&gt;&amp;quot;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://blog.anthropo-body.com/public/.SetWidth250-Femmesenresistance_s.jpg&quot; alt=&quot;pierre-yves ginet femmes&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;pierre-yves ginet femmes, nov. 2009&quot; /&gt;Je la relais à l'occasion de
l'exposition du photojournaliste &lt;a href=&quot;http://www.pierreyvesginet-photos.com/index.php?action=accueil&amp;amp;choix=accueil&amp;amp;lang=fr&amp;amp;id=&quot;&gt;
Pierre-Yves Ginet&lt;/a&gt; &lt;em&gt;Femmes en résistance&lt;/em&gt; dont une partie du travail
porte sur celles qu'il a appelées les &amp;quot;Insoumises d'Anta&amp;quot;. L'expo se tiendra
place Bellecour, à Lyon, dans le cadre du village de la solidarité
internationale. Elle sera abrité sous le chapiteau de la braderie livres et
solidarités, les 9, 10 et 11 novembre, place Bellecour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.pierreyvesginet-photos.com/index.php?action=show_img_reportage&amp;amp;id_reportage=28&amp;amp;lang=fr&amp;amp;choix=reportages&quot;&gt;
&lt;img src=&quot;http://blog.anthropo-body.com/public/05-Perou-2006-047-BD-V.gif&quot; alt=&quot;pierre-yves ginet perou&quot; title=&quot;pierre-yves ginet perou, nov. 2009&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Mort de Claude Levi-Strauss. L'anthropologie en deuil</title>
    <link>http://blog.anthropo-body.com/post/Mort-de-Claude-Levi-Strauss.-L-anthropologie-en-deuil</link>
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    <pubDate>Wed, 04 Nov 2009 06:51:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>PHL</dc:creator>
        <category>chroniques</category>
        <category>anthropologie</category><category>Levi-Stauss</category><category>pensée</category>    
    <description>    &lt;p&gt;C'est la première fois que la mort d'un Immortel me touche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans doute parce que depuis que je suis entré dans la vie intellectuelle,
Claude Levis-Strauss était là. Pas comme un auteur de référence pour moi, ni
comme un maître, mais plutôt comme une incarnation de la pensée qui paraissait
survivre à tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les grands penseurs du XXè siècle ont disparu. Je n'en vois pas de la
trempe de Levis-Strauss, Foucault, Deleuze, Barthes, Ricoeur à l'horizon... Ou
alors, il faut attendre que de nouvelles pensées se formalisent et se
diffusent... dans un monde où le livre de fond voisine avec l'éphémère, c'est
pas gagné.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;« &lt;em&gt;je pense au présent et au monde dans lequel je suis en train de
finir mon existence. Ce n'est pas un monde que j'aime.&lt;/em&gt;» Claude
Levi-Strauss, Interview Campus, du 28/10/2004&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis comme j'aime bien l'humour grinçant d'Hervé Le Tellier, je vous
glisse son &lt;em&gt;papier de verre&lt;/em&gt; du 4 novembre dans la check-list
électronique du journal &lt;em&gt;Le Monde&lt;/em&gt;:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;« Prière d'insérer : la maison Plon nous confirme que Claude
Lévi-Strauss est bien décédé avant qu'on annonce l'attribution du Renaudot à
Frédéric Beigbeder.»&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>discriminations discrètes liées à l'apparence corporelle</title>
    <link>http://blog.anthropo-body.com/post/discriminations-discr%C3%A8tes-li%C3%A9es-%C3%A0-l-apparence-corporelle</link>
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    <pubDate>Sun, 01 Nov 2009 13:16:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>PHL</dc:creator>
        <category>Corps</category>
        <category>apparence</category><category>corps</category><category>discriminations</category><category>féminité</category><category>genre</category><category>look</category><category>masculinité</category><category>obésité</category><category>piercing</category><category>tatouage</category>    
    <description>    &lt;p&gt;en prévision du &lt;a href=&quot;http://blog.anthropo-body.com/post/2009/09/21/Colloque-sur-les-Disriminations-li%C3%A9es-%C3%A0-l-apparence-corporelle%2C-Lille-le-18-novembre-2009&quot;&gt;
colloque de Lille du 18 novembre 2009&lt;/a&gt;, voici quelques notes sur les
discriminations discrètes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &lt;a href=&quot;http://www.halde.fr/&quot;&gt;HALDE&lt;/a&gt; peut être saisie pour toute
discriminations portant sur un des &lt;a href=&quot;http://www.halde.fr/Etes-vous-victime.html?page=article&quot;&gt;18 critères de
discrimination&lt;/a&gt; prohibés par la loi, dans des domaines comme l'éducation,
l'emploi, le logement, les services publics...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ma réflexion porte sur des discriminations qui, pour certaines, entrent dans
ces critères illégaux de discriminations (par exemple, celles qui se fondent
sur l'apparence) et pour d'autres n'entrent pas en tant que telles dans ces
critères – comme la transphobie – mais qui pourtant peuvent être condamnées au
nom de critères prohibés (notamment l'apparence physique).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit notamment d'interroger des discriminations que je qualifie de
discrètes car elles traduisent bien un traitement inégalitaire alors que ce
traitement échappe à celles et à ceux qui l'effectuent et même parfois à celles
et à ceux qui le subissent. Le critère de la discrimination peut, par ailleurs,
ne pas apparaître clairement, ou bien la perception de la discrimination être
interprétée comme relevant d'un autre critère.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple, une discrimination objective peut être attribuée à un critère
d'origine ou de religion, alors que ce qui la fonde peut, par exemple, résulter
d'un rejet lié à l'apparence (au look), ou a des éléments discrets de cette
apparence (comme des boucles d'oreille, un type de maquillage ou de
coiffure...), ou encore à des petits riens qui échappent à tous (un regard, une
posture, une manière de saluer, un accent, une intonation) et qui font que
chaque individu est marqué par sa culture, y compris s'il ne s'en aperçoit pas.
Ce travail sur les discriminations discrètes consiste d'une part à identifier
ce qui peut – dans l'apparence des personnes – produire un traitement
inégalitaire. Par ailleurs, il porte sur certaines modifications de l'apparence
et sur leurs effets en matière de discriminations: le tatouage et le piercing
(certains d'entre eux tout au moins, lesquels et pourquoi), les transformations
de l'apparence qui produisent des corps ambigus, échappant aux stéréotypes des
féminités et des masculinités convenues, ou encore les corps enrobés que la
médecine qualifie d'obèses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;... article en cours de rédaction ... mise à jour le 4 novembre 2009&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>Le Corps Image- Paris Burlesque Festival</title>
    <link>http://blog.anthropo-body.com/post/Le-Corps-Image-Paris-Burlesque-Festival</link>
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    <pubDate>Thu, 22 Oct 2009 21:08:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>PHL</dc:creator>
        <category>Actu</category>
        <category>anthropologie du corps</category><category>arts de la performance</category><category>arts vivants</category><category>burlesque</category><category>corps</category><category>féminité</category><category>genre</category><category>humour</category><category>masculinité</category><category>normes</category><category>nu</category><category>spectacle</category><category>érotisme</category>    
    <description>    &lt;p&gt;Participation à la table ronde du 24 octobre 2009, Forum de la Bellevilloise
à Paris dans le cadre du &lt;a href=&quot;http://www.parisburlesquefestival.fr/&quot;&gt;Paris
Burlesque Festival&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;
  &lt;img src=&quot;http://blog.anthropo-body.com/public/.parisburl_s.jpg&quot; alt=&quot;parisburlesque&quot; style=&quot;float:right; margin: 0 0 1em 1em;&quot; title=&quot;parisburlesque, oct. 2009&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ont participé à la table ronde fort bien animée par Nathalie Amae:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Kitten on the keys. &lt;a href=&quot;http://www.suzanneramsey.net/&quot;&gt;Son site&lt;/a&gt;
ou sa page &lt;a href=&quot;http://www.myspace.com/kittenonthekeys&quot;&gt;myspace&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- &lt;a href=&quot;http://www.photosapiens.com/Katia-Feltrin.html&quot;&gt;Katia
Feltrin&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- &lt;a href=&quot;http://www.missmarion.fr/&quot;&gt;Miss Marion&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- &lt;a href=&quot;http://jlverna.online.fr/&quot;&gt;Jean-Luc Verna&lt;/a&gt;&lt;img src=&quot;http://blog.anthropo-body.com/public/.jean_luc_verna4_s.jpg&quot; alt=&quot;jeanlucverna&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;jeanlucverna, oct. 2009&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque artiste a présenté son travail et sa conception de la
performance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La notion de burlesque a été interrogée, notamment dans sa capacité à
questionner les représentations convenues du corps. En quelques mots, il
ressort du débat que la mise en jeu de son propre corps dans une performance
renvoie à des modalités très différentes, mais aussi à des propos artistiques
fort divers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les modèles stéréotypés de sexe (les modèles de genre pourrait-on dire
également) peuvent être interrogés, ils le sont par une mise en scène du corps
qui remet en question l'imagerie érotique traditionnelle. Corps de femme vu de
dos pour Katia Feltrin, poitrine nue coiffée de cache-tétons dans un cadre pour
Miss Marion, perruque sous les aisselles pour Kitten on the keys, corps d'homme
nu vu de face dans des postures reprenant des classiques de la peinture ou de
la photo pour Jean-Luc Verna,... chaque artiste renverse à sa manière les
images et les poses sensuelles habituelles. Les modèles communs de la féminité
et de la masculinité sont détournés.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La performance se construit dans le rapport au public et dans l'interaction
directe entre l'artiste, les spectateurs et les spectatrices. La présence
physique des corps, l'usage du regard, l'humour sont autant d'éléments qui
permettent sans que cela ne prenne la forme d'un discours militant,
d'interroger les normes de genre, de la sexualité, du nu.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>Colloque Sport et Recherche - Innovations transformations prospectives - Angers23-24 octobre 2009</title>
    <link>http://blog.anthropo-body.com/post/Colloque-Sport-et-Recherche-Innovations-transformations-prospectives-Angers23-24-octobre-2009</link>
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    <pubDate>Thu, 22 Oct 2009 21:04:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>PHL</dc:creator>
        <category>Actu</category>
        <category>gay games</category><category>sport</category>    
    <description>    &lt;p&gt;Une communication en seconde journée sur les innovations réglementaires dans
le sport à partir de l'exemple des &lt;em&gt;Gay Games&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &lt;a href=&quot;http://www.rspdl.com/web/fichiers/pdf/Progr_papier_3eme_colloque_SRDPL.pdf&quot;&gt;programme&lt;/a&gt;
du colloque&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>une interview sur le traitement sportif et médiatique de Caster Semenya</title>
    <link>http://blog.anthropo-body.com/post/une-interview-sur-Caster-Semenya</link>
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    <pubDate>Wed, 21 Oct 2009 09:26:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>PHL</dc:creator>
        <category>Sport</category>
        <category>Anaïs Bohuon</category><category>Caster Semenya</category><category>corps</category><category>genre</category><category>hermaphrodisme</category><category>hermaphrodite</category><category>identité</category><category>intersexuation</category><category>masculinité</category><category>sexe</category><category>sociologie</category><category>sport</category>    
    <description>&lt;p&gt;Fausse femme ou vrai tricheur? Réflexions autour d'une championne au corps
soupçonné&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Un entretien accordé à l'hebdomadaire Hétéroclite à propos de Caster
Semenya, championne du monde d'athlétisme sur 800 mètres dont les performances
et l'apparence ont généré une suspicion quant à sa &amp;quot;véritable&amp;quot; identité.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire l'article: &lt;a href=&quot;http://www.heteroclite.org/index.php?/societe/dossiers/1/32781/%ABL%92ordre-sportif-troubl%E9%BB.htm&quot;&gt;
L’ordre sportif troublé&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet entretien expose quelques idées que je développerai par ailleurs dans un
article plus approfondi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'article de Renan Benyamina intitulé &lt;em&gt;&lt;a href=&quot;http://www.heteroclite.org/index.php?/societe/dossiers/1/32780/Maudite-hermaphrodite.htm&quot;&gt;
Maudite hermaphrodite&lt;/a&gt;&lt;/em&gt; dans &lt;a href=&quot;http://www.heteroclite.org/index.php&quot;&gt;Hétéroclite&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h5&gt;pour prolonger la réflexion&lt;/h5&gt;
&lt;p&gt;un article d'Anaïs Bohuon dans Mediapart: &lt;a href=&quot;http://www.mediapart.fr/club/edition/article/110909/caster-semenya-l%E2%80%99incroyable-athlete-qui-bouleverse-l%E2%80%99ethique-sportive&quot;&gt;
&amp;quot;Caster Semenya, l’incroyable athlète qui bouleverse l’éthique
sportive&amp;quot;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blog.anthropo-body.com/post/une-interview-sur-Caster-Semenya#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Corps transformé corps autogéré: débat autour de la question trans. Depuis Montpellier. Seconde journée.</title>
    <link>http://blog.anthropo-body.com/post/Corps-transform%C3%A9-corps-autog%C3%A9r%C3%A9-d%C3%A9bat-autour-de-la-question-trans-Seconde-journ%C3%A9e.</link>
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    <pubDate>Mon, 19 Oct 2009 08:39:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>PHL</dc:creator>
        <category>chroniques</category>
        <category>altérité</category><category>anthropologie du corps</category><category>chirurgie</category><category>construction des genres</category><category>corps autogérés</category><category>droit</category><category>génitales</category><category>identité</category><category>modifications corporelles</category><category>normes sexuelles</category><category>psychiatrie</category><category>sexe</category><category>sexualité</category><category>trans</category><category>transexuel</category><category>transexuelle</category><category>transgenre</category><category>transidentité</category><category>transphobie</category><category>transsexualité</category><category>violences</category><category>égalité des droits</category>    
    <description>    &lt;p&gt;Intitulées &amp;quot;Regards croisés sur le genre&amp;quot;, les secondes Assises du Corps
transformé se sont tenues les 16 et 17 octobre 2009. Il s'agissait d'un
colloque qui a eu le mérite de permettre l'expression de certain-e-s expert-e-s
français-e-s du transsexualimse, confrontés à des chercheurs et chercheuses
interrogeant des réalités proches et à des actrices et des acteurs de la
transidentité. Ces Assises ont été quasiment essentiellement consacrées à la
question trans, et plus particulièrement à celle du changement de sexe. Des
approches historiques, juridiques, cliniques, psychanalytiques, sociologiques
ont ainsi été confrontées et croisées avec des analyses produites par des
femmes ayant réalisé le parcours transidentitaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Après la seconde journée (du 17 octobre 2009) voici de nouvelles
impressions. Des actes seront publiés qui donneront l'intégralité des
communications. Pour l'instant, il s'agit plutôt d'un compte-rendu qui exprime
mon regard sur ce qui s'est joué durant ces deux journées. &lt;a href=&quot;http://blog.anthropo-body.com/post/Corps-transform%C3%A9%2C-corps-autog%C3%A9r%C3%A9%3A-d%C3%A9bat-autour-de-la-question-trans&quot;&gt;
Pour la première, (du 16 octobre 2009)&lt;/a&gt;, j'avais tenté de repérer les
tensions, de saisir le jeu des réactions de la salle face aux exposés, mais
aussi de percevoir ce qui, dans les propos des experts, pouvait être gênant,
voire choquant pour les actrices et les acteurs des transformations corporelles
liées à la transidentité.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seconde journée des Assises promettait des échanges plus tendus ou, tout
au moins, portant sur les enjeux sociaux, politiques et éthiques de ces
transformations. Il faut dire qu'elle a tenu ses promesses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est François Vialla, juriste, co-organisateur des Assises qui ouvre la
journée. Pendant qu'il s'adresse à l'assistance et avant que les premiers
intervenants ne prennent la parole, &lt;a href=&quot;http://www.puf.com/wiki/Auteur:Colette_Chiland&quot;&gt;Colette Chiland&lt;/a&gt; porte à la
tribune un tract distribué le matin même à l'entrée de la Fac de droit par
&lt;em&gt;PinkFreak’X&lt;/em&gt; qui a organisé en parallèle les &lt;a href=&quot;http://pinkfreakx.e-monsite.com/rubrique,les-assises-des-corps-autogere,469751.html&quot;&gt;
''Assises des Corps autogérés''&lt;/a&gt;. Le tract est intitulé &lt;em&gt;Faux
experts/Vrais menteurs&lt;/em&gt; et s'en prend explicitement aux premiers
conférenciers de la matinée, à qui Colette Chiland a porté le document, et à la
dernière intervenante de cette même matinée, Colette Chiland elle-même. La
matinée commence donc par l'interpellation indirecte mais intrusive et ciblée
des « spécialistes » par les « militants ».&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'équipe qui prend la parole est composée d'un psychiatre (Bernard Cordier),
d'une endocrinologue (Catherine Brémont Weil), et d'un chirurgien plasticien
Marc Revol. cette équipe intervient à l'hôpital Cochin, à Paris où sont
réalisées 25 opérations de changement de sexe par an. Le débat est lancé.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le psychiatre, Bernard Cordier qui prend la parole et qui la distribue
à ses deux collègues. Il commence: «&lt;em&gt;Vous avez devant vous le gang des faux
experts dont le plus malfaisant est votre serviteur qui exerce la tâche
stigmatisante de psychiatre&lt;/em&gt;». Il présente l'équipe de la manière suivante:
«&lt;em&gt;Nous sommes une équipe qui travaille sur l’énigme du
transsexualisme&lt;/em&gt;». Pour sa collègue, l'endocrinologue Catherine Brémont
Weil, c'est «&lt;em&gt;une pratique dont nous n’avons pas à rougir&lt;/em&gt;», car elle
répond à la demande d'une «population souffrante». Selon elle, qui dit
«&lt;em&gt;suivre le corps de 800 patients&lt;/em&gt;», «&lt;em&gt;le transsexualisme est subi et
non pas choisi&lt;/em&gt;». Elle souligne qu'elle produit des prescriptions hors AMM
(autorisation de mise sur le marché), ce qui engage totalement la
responsabilité des médecins de l'équipe et la sienne propre. Le plasticien Marc
Revol intervient à son tour pour indiquer qu'il ne fait pas «&lt;em&gt;des
transformations chirurgicales, mais des confirmations de genre&lt;/em&gt;.» Ce qui
est problématique pour le chirurgien dans ce genre d'intervention, c'est qu'il
ne s'agit pas d'une chirurgie du désordre qui aurait à ôter une tumeur par
exemple. Il n'y a au contraire aucune anomalie. Marc Revol se pose en
technicien du corps et dit faire «&lt;em&gt;une grande confiance au psychiatre … pour
éliminer les contre-indications&lt;/em&gt;» et pour donner des avis sur les modalités
de la transformation. La position de praticien est rappelée. La pratique de
l'équipe de l’hôpital Cochin est, à ce titre observée par le Centre d'éthique
clinique de l’hôpital cochin, du point de vue des décisions qu'elle peut
prendre en matière de transformation hormono-chirurgicale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce dispositif, on constate la place prédominante accordée au
psychiatre, les autres intervenants étant subordonnés à son diagnostic. Il
affirme ne pas adresser l’ensemble des patients qu'il reçoit en consultation au
professeur Revol et à madame Bremont, 10% souffrant selon lui d’une autre
pathologie. Car, pour lui, le désir de devenir autre et de passer pour cela par
une intervention chirurgicale, traduit nécessairement une pathologie, même s'il
nuance en disant qu'«&lt;em&gt;en terme de maladie mentale, c’est assez
léger&lt;/em&gt;».&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, le débat paraît lancé en ce début de seconde journée, notamment celui
sur la psychiatrisation de la transidentité, relancé par Roselyne
Bachelot-Narquin, Ministre de la Santé, de la Jeunesse et des sports, qui a
annoncé le 16 mai 2009 la «déclassification de la transsexualité des affections
psychiatriques de longue durée». La parole est à la salle pour une série de
questions. La présence dans l'amphithéâtre de nombreuses personnes ayant vécu
tout ou partie du processus de transformation identitaire pour lequel officie
l'équipe médicale qui vient de s'exprimer augure d'un débat serré.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le débat n'aura pas lieu. Pas vraiment, je veux dire pas à la hauteur des
enjeux ni à celle des questions ouvertes par l'équipe médicale. Il n'aura pas
lieu pour des raisons de configuration situant la prise et la circulation de la
parole au sein d'un rapport de force. La manifestation de l’autorité
universitaire s'est exprimée par la voix de François Vialla chargé de modérer
le débat. La manière dont il va l'ouvrir va exercer une violence symbolique sur
l'assistance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;«&lt;em&gt;Je serai plus draconien que le professeur Mateu, hier&lt;/em&gt;»
commence-t-il. «&lt;em&gt;Quand on pose une question On ne refait pas une conférence,
je vous demande de formuler votre question avec précision et concision. Nous
sommes dans une faculté de droit. Précision et concision du verbe. J’y
veillerai&lt;/em&gt;.» Cette intervention n'est pas sans conséquence sur les
interactions qui vont suivre. D'abord, il est évident que les personnes non
habituées à l'échange universitaire, celles qui, précisément, ne maîtrisent pas
le verbe, celles qui n'ont ni l'habitude de le manier comme la faculté de droit
l'enseigne, ni même simplement de prendre la parole publiquement, se retrouvent
dans une situation difficile. La violence symbolique du dispositif de
circulation de la parole s'exerce à plein. Dès la première question, le
psychiatre Cordier, visiblement agacé à la tribune, coupe une personne qui pose
deux question: «&lt;em&gt;Excusez-moi, il y a quatre questions derrière&lt;/em&gt;». Il ne
répond pas à la seconde, indiquant que Colette Chiland le fera en fin de
matinée, indiquant en cela une capacité de visionnaire que les propos de
Colette Chiland contrediront. Les questions suivantes seront brèves. Le débat
n'a pas eu lieu. Pas encore&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Anne-Gaëlle Duvochel, membre du GEsT (Groupe d'Etude sur la Transidentité)
intervient sur la double question de la psychiatrisation et de la
médicalisation. Elle souligne le fait que l'équipe médicale qui vient de
s'exprimer était sur la défensive. Ce simple constat indique la difficulté de
dialoguer. Il indique la difficulté de la rencontre et de la prise en compte
des différents points de vue. Malgré la bonne volonté, malgré le désir de bien
faire. Les individus impliqués (du côté du désir de soin ou du côté du désir de
construction de soi) réagissent avec leurs tripes autour de ce que le corps
transformé signifie pour eux: une prestation technique ou une étape vers la
reconnaissance de soi par autrui. Anne-Gaëlle Duvochel exprime pourtant bien le
fait que les personnes ne sont pas en cause, mais bien plutôt qu'une personne
qui veut aller vers la transsexualité, est aux mains du système, un système au
sein duquel la chirurgie est au centre. C'est parce que le processus de
changement d'identité suppose que soit portée atteinte à un corps sain que le
système de diagnostic psychiatrique et de prise en charge médical est élaboré.
L'opération est ainsi conçue comme un label de détermination dans le changement
d'identité, label nécessaire à ce que le juge consacre un parcours médical en
autorisant la reconnaissance de ce changement par l’état-civil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question qui se pose désormais à la médecine est la suivante: Que va-t-on
faire du transsexualisme, maintenant que ça n’est pas une maladie ?
L’intervention d’Anne-Gaëlle Duvochel situe l’opposition, le conflit, voire
l’affrontement entre les protagonistes de ces Assises du Corps transformé. La
psychiatrie constitue le sésame vers le changement de sexe, ce qui constitue
une «&lt;em&gt;réponse folle à demande folle&lt;/em&gt;» selon Colette Chiland.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il se passe quelque chose durant ces Assises. La rencontre a lieu mais le
débat ne parvient pas à se construire. Trop d'émotion interdit au savoir de
s'exprimer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui se passe va s'exprimer en partie durant l'intervention suivante
introduite par François Vialla. En présentant l'intervention de Michel Levinet
(qui vient de co-diriger &lt;a href=&quot;http://www.puf.com/wiki/Themis:Les_grands_arr%C3%AAts_de_la_Cour_europ%C3%A9enne_des_Droits_de_l'Homme&quot;&gt;
''Les grands arrêts de la Cour européenne des Droits de l'Homme''&lt;/a&gt;) François
Vialla crée la rupture avec l'intervention précédente d'une actrice de la
transidentité. Michel Levinet est ainsi présenté comme celui qui, a contrario,
va porter sur la question transidentitaire «&lt;em&gt;le regard froid et
objectif&lt;/em&gt;» du juriste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, quel est ce regard? Pour répondre à cette question, il faut
distinguer l'intérêt de l'analyse qu'a livrée Levinet des arrêts de la Cour
européenne des Droits de l'Homme de son attitude. L'analyse des arrêts
participe au débat sur la manière dont les sociétés voient la question trans.
En revanche, l'attitude adoptée, faite de provocation et de jugements de
valeurs glissés au détour d'un commentaire a conduit certaines participantes à
quitter la salle. Mais c'est à un autre niveau que son intervention est
intéressante: celui de l'objectivité du savoir, et, en l'occurrence, de
l'objectivité du droit. Le juriste peut-il revendiquer un «&lt;em&gt;regard froid et
objectif&lt;/em&gt;»?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'emblée, il affirme ne pas parler «&lt;em&gt;sous le contrôle des
militants&lt;/em&gt;», dénonce des «propos simplificateurs», stigmatise une
«revendication polémique» qu'il associe aux revendications homosxuelles ou
sadomasochistes. Après les interpellations de la salle: «&lt;em&gt;je suis à
l’Université, je dis ce que je veux&lt;/em&gt;». S'appuyer sur la liberté que
l'Université peut garantir à l'intelligence constitue un bel exemple de
rhétorique. Levinet, à l'évidence, adopte une position agressive, alors que les
médecins s'étaient placés sur la défensive. Pourtant, ce qu'il dit est loin
d'être inintéressant (et sera d'ailleurs repris et discuté en partie par
François Viallat et Marie-France Bureau l'après-midi, qui exposeront à leur
tour une autre vision du droit).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ses propos permettent de saisir les conséquences de la sollicitation du
droit (et plus particulièrement de la Cour européenne des Droits de l'Homme)
après celle de la médecine par les personnes engagées dans un processus de
transformation identitaire de genre. Il présente les interrogations juridiques
considérables de telles démarches. «&lt;em&gt;Tous les juges sont des créateurs de
droit par la jurisprudence. C’est la lecture que va faire le juge de &lt;a href=&quot;http://www.echr.coe.int/NR/rdonlyres/086519A8-B57A-40F4-9E22-3E27564DBE86/0/FrenchFran%C3%A7ais.pdf&quot;&gt;
la Convention européenne des droits de l’homme&lt;/a&gt; qui va permettre le succès
de la sollicitation de la Cour par les transsexuel-le-s&lt;/em&gt; ». Il montre
notamment comment les lectures récentes affirment le droit de la
non-discrimination, de l’épanouissement personnel… le droit de chacun, en tant
que droit de l’homme à vivre selon le sexe désiré. La Cour européenne des
droits de l’homme doit répondre à un triple défi sous l’effet de ces
sollicitations. D'abord, elle doit (ou elle a dû) se prononcer à un niveau
étiologique interrogeant la nature-même du transsexualisme. Ensuite, elle doit
se positionner pour savoir ce qu'il en est de l'état-civil, notamment pour
savoir s'il n'y a pas d'infraction à la vie privée. Levinet constate une
évolution de la définition de la notion de sexe sous l’effet de ces
sollicitations. Enfin, le troisième défi consiste à se prononcer, en cas de
refus, sur l'atteinte à d'autres droits, comme celui de se marier, d'avoir des
enfants... L'analyse et la compréhension des arrêts de la Cour européenne est
donc incontournable. Levinet a alors fait une nouvelle remarque, passée
inaperçue, mais dont l'importance est grande, du point de vue du «&lt;em&gt;regard
froid et objectif&lt;/em&gt;» du juriste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors d'un commentaire des arrêts, il dit: «&lt;em&gt;Pour faire plaisir, on va
utiliser un terme neutre, mais ça ne changera rien à mon point de vue&lt;/em&gt;».
Or, on n’utilise pas un terme neutre, en tant que spécialiste du droit
européen, à la tribune d'un colloque «&lt;em&gt;pour faire plaisir&lt;/em&gt;», surtout
quand on a été présenté comme un représentant du « regard froid et
objectif » du droit. Levinet a d'ailleurs lui-même rejeté ce regard «froid
et objectif» en indiquant que «&lt;em&gt;c’est la lecture que va faire le juge de ce
texte qui va permettre le succès de la sollicitation de la cour&lt;/em&gt;». S’il y a
lecture, il y a interprétation. S’il y a interprétation, il y a subjectivité.
Plus tard, Levinet : «&lt;em&gt;Vous savez, il faut lire les arrêts, le
vocabulaire n’est pas innocent, il n’est pas anodin&lt;/em&gt;». Et bien justement,
le vocabulaire n’est pas innocent, il n'est pas anodin. il importe d'autant
plus qu'il ne soit pas choisi pour «faire plaisir».&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Après avoir commenté quelques arrêts, Levinet déplore que «&lt;em&gt;la convention
s’intéresse à l’évolution des mentalités&lt;/em&gt;» et interroge: «&lt;em&gt;mais comment
peut-on la mesurer cette évolution&lt;/em&gt;?» Je ne sais pas comment la Cour
européenne évalue l'évolution des moeurs, mais ce que je comprends, c'est que
les arrêts rendus traduisent une lecture nécessairement subjective de la
Convention européenne des droits de l'homme et que cette subjectivité évolue en
fonction des transformations sociales. Dans un même cadre, il est donc possible
de lire les choses différemment. La question du droit et de la prise en compte
par le droit de nouvelles réalités sociales se pose à deux niveaux :
d’abord à celui de l’évolution de l’interprétation au sein du cadre juridique
mais aussi au niveau de l’évolution de ce cadre. Pour l'heure, il semblerait
que les arrêts rendus à la Cour européenne aille, en matière de transsexualité
dans le sens de la volonté des personnes «&lt;em&gt;nouvelle religion de nos
sociétés&lt;/em&gt;» selon Levinet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question qui se pose alors est dans l’armement de la subjectivité des
juges, dans la manière de leur donner des outils de compréhension permettant de
guider le jugement. Ce qui se joue devant la Cour européenne, c'est aussi ce
qui se joue dans l'amphithéâtre des Assises du corps transformé, à un autre
niveau: le Conflit des subjectivités, avec d'un côté des subjectivités
institutionnelles (ou plutôt des subjectivités qui s'expriment au nom de
l'objectivité des institutions) et de l'autre les subjectivités singulières,
elles-mêmes orientées par des combats collectifs. La question posée est celle
de la légitimité de ces subjectivités. Celle des demandeurs d'une aide pour
leur transformation est rejetée du côté de l’imaginaire (terme utilisé pour
noter le caractère illusoire de la demande), du côté de «&lt;em&gt;la subjectivité
pure et simple des intéressés&lt;/em&gt;». Mais les juges ne disent-ils pas le droit
par rapport à leurs propres imaginaires du juste?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La psychanalyste Françoise Wilder note d'ailleurs fort bien comment le fait
de parler de ce sujet (la transformation du corps du point de vue de l'identité
de sexe), c’est en devenir l’expert, si personne d’autre n’en parle. Elle
plaide pour la prise en compte des différents points de vue plutôt que pour
l'affirmation de certains d'entre eux qui, bardés de références scientifiques,
s'accordent une importance supérieure à celui des transsexuels, élaboré à
partir d'une expérience singulière.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la foulée, Colette Chilland note qu'il est nécessairement
«&lt;em&gt;difficile d’entendre parler à la troisième personne d’une réalité que l’on
vit à la première personne&lt;/em&gt;» (ce qui ne l'empêche pas de le faire). Et
pourtant la difficulté de l'échange se situe dans ce constat. Qui parle? Pour
qui? et au nom de quoi? Telles pourrait être résumées les grandes questions
posées par ces Assises. D'autant que se construit, par rapport à la posture,
par rapport à l'énonciation (à la première ou à la troisième personne) une
opposition identitaire. Les &amp;quot;nous&amp;quot; s'opposent au &amp;quot;eux&amp;quot; et aux &amp;quot;elles&amp;quot; qu'il
s'agisse du &amp;quot;nous&amp;quot; militant ou du &amp;quot;nous&amp;quot; savant. Colette Chiland l'illustre
quand elle dit: «&lt;em&gt;le dialogue est difficile, voire impossible, avec les
militants activistes. Et nous le déplorons&lt;/em&gt;.» Pendant l’intervention de
Colette Chiland le mégaphone de PinkFreak’X se fait entendre. D’où je suis, je
ne comprends pas les slogans. Mais j’entends la sirène qu’ils activent. Le
bruit est perceptible au moment même où Colette Chiland déplorait
l’impossibilité du dialogue avec les «militants activistes». Ce qui est
intéressant dans son discours, c'est cette répartition en trois catégories. La
première qui n'est pas nommée mais qui est celle dans laquelle elle se situe,
la seconde est celle des patients (qui seraient les personnes ne posant pas de
problème et qui se conforment à la prise en charge médicale) et puis, dernière
catégorie, celle des militants, ces militants qui «&lt;em&gt;veulent être considérés
comme des variations de la norme&lt;/em&gt;» et non pas comme des malades.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'après-midi Marie-France Burreau défendra du point de vue juridique le
Droit à l’autodétermination, après que Camille Bernard, du GEsT, aura montré
dans une intervention alliant rigueur de l'analyse et émotion issue de
l'expérience que les actrices et les acteurs de ces transformations ont tout à
fait leur place dans le débat et peuvent y échanger à armes théoriques
égales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement, le débat a été posé.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord, sur la place du droit dans la société et sur sa fonction sociale,
notamment dans la prise en compte des nouvelles réalités Ensuite, au plan du
savoir, entre l&lt;em&gt;e savoir constitué sur&lt;/em&gt; les transsexuels et le
&lt;em&gt;savoir élaboré par&lt;/em&gt; les actrices et les acteurs. Enfin, au plan
politique, entre l’auto-détermination des acteurs et des actrices et
l’imposition des cadres juridiques, administratifs et politiques de la
normalité.&lt;/p&gt;
&lt;h5&gt;Pour prolonger le débat:&lt;/h5&gt;
&lt;p&gt;Un &lt;a href=&quot;http://www.transsexualite.com/info.htm&quot;&gt;portail français sur la
transsexualité&lt;/a&gt; qui renvoie vers de nombreuses associations françaises&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un texte de Tom Reucher sur les &lt;a href=&quot;http://multitudes.samizdat.net/Quand-les-trans-deviennent-experts&quot;&gt;Trans comme
experts&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un article d'Hélène Hazera dans Yagg: &lt;a href=&quot;http://www.yagg.com/2009/10/22/trans-retour-sur-un-week-end-de-colloque-et-de-contre-colloque-a-montpellier/&quot;&gt;
&amp;quot;Trans’: retour sur un week-end de colloque et de contre-colloque à
Montpellier&amp;quot;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blog.anthropo-body.com/post/Corps-transform%C3%A9-corps-autog%C3%A9r%C3%A9-d%C3%A9bat-autour-de-la-question-trans-Seconde-journ%C3%A9e.#comment-form</comments>
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  <item>
    <title>Corps transformé, corps autogéré: débat autour de la question trans. Depuis Montpellier. Première journée.</title>
    <link>http://blog.anthropo-body.com/post/Corps-transform%C3%A9%2C-corps-autog%C3%A9r%C3%A9%3A-d%C3%A9bat-autour-de-la-question-trans</link>
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    <pubDate>Fri, 16 Oct 2009 15:57:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>PHL</dc:creator>
        <category>chroniques</category>
        <category>corps</category><category>corps autogérés</category><category>corps transformé</category><category>droit</category><category>genre</category><category>histoire</category><category>homosexualité</category><category>identité</category><category>modifications corporelles</category><category>psychiatrie</category><category>sexe</category><category>sexualité</category><category>sociologie</category><category>trans</category><category>transexuel</category><category>transexuelle</category><category>transgenre</category><category>transidentité</category><category>transphobie</category><category>transsexualité</category><category>épistémologie</category>    
    <description>    &lt;p&gt;Aujourd'hui 16 octobre 2009 débutent à l'université Montpellier 1 les
secondes &lt;em&gt;Assises du Corps Transformé&lt;/em&gt;. Les premières avaient été
consacrées au visage et à la chirurgie. Cette fois-ci, elles s'intitulent
&amp;quot;Regards croisés sur le genre&amp;quot;. Avant même leur tenue, elles ont donné lieu à
la mise en place de contre-assises, les &lt;em&gt;Assises des corps autogérés&lt;/em&gt;,
organisées à l'initiative de plusieurs associations militant pour la
reconnaissance et le respect des personnes trans ou luttant contre la
transphobie ou l'homophobie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce face à face s'est traduit lors de mon arrivée à l'accueil des
Assises:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;« Bonjour, vous êtes intervenant ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;– Oui&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;– Alors on va vous donner un badge intervenant qu’il faudra garder toute la
journée. Parce que vous avez vu qu’on a des petits problèmes de sécurité.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;– Ah bon ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;– Oui, tout à l’heure on a eu une petite manifestation. »&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je comprends mieux les vigiles, à l'entrée de la faculté de droit, en
costume-cravate-oreillette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant les dernières interventions de la matinée, on entend depuis
l’amphithéâtre les cris de la manifestation, « ni homme, ni femme :
transpédégouines ». De manière assez ironique, les slogans se font entendre au
moment de l’intervention très pertinente de Claire Nihoul Fekete, pédiatre
chirurgienne travaillant sur les malformations sexuelles de l’embryon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que j'ai gardé de cette première partie des &lt;em&gt;Assises du corps
transformé&lt;/em&gt;, ce sont d'abord les tensions – dans l'amphithéâtre – entre
certaines formes de savoir ou plutôt entre différents rapports au savoir.
Organisées de manière à confronter les points de vue entre scientifiques, les
Assises proposent une transversalité des approches, une complémentarité des
savoirs. Il n'est donc pas question de hiérarchiser le propos d'un chirurgien
par rapport à celui d'un historien de l'Empire byzantin ou celui d'un juriste
par rapport à ce que dirait une sociologue ou un philosophe. Ce genre de
colloque donne au contraire la possibilité de différencier et d'articuler les
différents niveaux d'une même réalité.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui se passe, c'est l'opposition entre deux postures parmi les
scientifiques présents. Ils y a celles et ceux qui savent et qui le disent.
Leur savoir paraît ne pas pouvoir être mis en cause. Ce sont les sujets sachant
sur... en l'occurrence la transsexualité (j'utilise ce terme impropre pour
l'instant, car c'est un peu celui qui a paru être utilisé de la manière la plus
spontanée). Et puis, il y a une autre posture épistémologique. Il s'agit de
chercheuses et de chercheurs qui connaissent bien un domaine – &amp;quot;leur&amp;quot; domaine
(qui peut être la chirurgie néo-natale, les eunuques de Constantinople, les
rites Amérindiens...) – et qui affirment ne rien connaître, ou pas grand chose,
à la question de la transsexualité. Et pourtant, ils apportent beaucoup à la
réflexion. Et je me suis demandé pourquoi ils apportaient autant, alors que
celles et ceux qui parraissent être celles et ceux qui savent sur...
produisaient une sorte de malaise dans leurs affirmations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conclusion à laquelle j'en suis arrivé pour l'instant (conclusion qui
reste à approfondir) tient dans l'idée que peut-être les personnes qui ont
exposé leur savoir sans l'accompagner de la prétention d'apporter une réponse
définitive étaient aussi celles dont le propos était le plus expurgé de
jugements de valeurs, de catégorisations binaires et qui, de plus, laissaient
une grande place au questionnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bon, la journée n'est pas finie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il me reste à restituer le fonds des Assises qui, d'ailleurs, sont
intitulées &amp;quot;Regards croisés sur le genre&amp;quot;... et non pas &amp;quot;Regards croisés sur la
transsexualité&amp;quot;. Pourquoi a-t-on glissé sur cette thématique, aussi confuse que
passionnée ? Et puis, au fait, de quoi est-il question ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ça y est. La première journée s'est terminée. Dehors, face à l'entrée de la
fac de droit, ont été collées quelques affiches où il est question de
transphobie, de silence meurtrier. Un tract a été distribué, que je n'ai pas
eu, intitulé &amp;quot;Faux experts / Vrais menteurs&amp;quot;. La question du savoir encore,
mais posée autrement. Du dehors. Et qui vient comme une dénonciation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je m'interroge sur ce qu'il y a lieu de dénoncer dans ce que j'ai entendu.
Je veux dire dans les communications qui ont été proposées. En fait, pas grand
chose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au contraire même. J'ai plutôt l'impression que ce que j'ai entendu ne parle
ni à la place, ni pour, ni même de personnes transidentitaires. Encore une
fois, je parle des communications (Les postures savantes qui m'ont dérangé sont
plutôt venues de la salle, des commentaires produits par des &amp;quot;spécialistes&amp;quot; qui
ne sont pas encore montés à la tribune) et ces communications parlaient
d'autres choses: d'hermaphrodites, d'eunuques, de personnes intersexuées, de
voix, de malformations des embryons... Mais pas (ou peu) de transformation. J'y
reviendrai.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, beaucoup de descriptions, judicieuses, précises... Par exemple,
la présentation de la fonction des eunuques à Constantinople comme celle des
rites chez les Amérindiens apportent un regard sur la manière dont les
différences anatomiques sont prises dans un bain culturel qui leur donne du
sens et permet aux personnes de se situer dans la société dont elle sont
issues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://blog.anthropo-body.com/post/Corps-transform%C3%A9-corps-autog%C3%A9r%C3%A9-d%C3%A9bat-autour-de-la-question-trans-Seconde-journ%C3%A9e.&quot;&gt;
... à suivre...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blog.anthropo-body.com/post/Corps-transform%C3%A9%2C-corps-autog%C3%A9r%C3%A9%3A-d%C3%A9bat-autour-de-la-question-trans#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>à Montpellier les 16 et 17 octobre: les Assises du Corps transformé ET les Assises des corps autogérés</title>
    <link>http://blog.anthropo-body.com/post/%C3%A0-Montpellier-les-16-et-17-octobre%3A-les-Assises-du-Corps-transform%C3%A9-ET-les-Assises-des-corps-autog%C3%A9r%C3%A9s</link>
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    <pubDate>Tue, 13 Oct 2009 16:06:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>PHL</dc:creator>
        <category>Actu</category>
        <category>chirurgie</category><category>droit</category><category>transidentité</category>    
    <description>    &lt;p&gt;Assis face à face, deux événements sur lesquels je reviendrai:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;d'un côté, les secondes &lt;a href=&quot;http://www.dynamiques-du-droit.cnrs.fr/IMG/pdf/Plaquette.pdf&quot;&gt;Assises du Corps
transformé&lt;/a&gt;:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;de l'autre, les &lt;a href=&quot;http://pinkfreakx.e-monsite.com/rubrique,les-assises-des-corps-autogere,469751.html&quot;&gt;
Assises des Corps autogérés&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blog.anthropo-body.com/post/%C3%A0-Montpellier-les-16-et-17-octobre%3A-les-Assises-du-Corps-transform%C3%A9-ET-les-Assises-des-corps-autog%C3%A9r%C3%A9s#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Déclaration des Citoyens du Chaos</title>
    <link>http://blog.anthropo-body.com/post/D%C3%A9claration-des-Citoyens-du-Chaos</link>
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    <pubDate>Wed, 07 Oct 2009 15:12:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>PHL</dc:creator>
        <category>Art-Body-Art</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;Le texte de la &lt;a href=&quot;http://republiqueduchaos.wordpress.com/2009/09/09/declaration-des-citoyens-du-chaos/&quot;&gt;
Déclaration des Citoyens du Chaos&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lu le 9/9/9 à l'issue de la Proclamation de la République du Chaos.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>Le Viol comme thérapie ? Viol et meurtre d'une footballeuse lesbienne en Afrique du Sud</title>
    <link>http://blog.anthropo-body.com/post/Viol-et-meurtre-d-une-footballeuse-lesbienne</link>
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    <pubDate>Tue, 06 Oct 2009 21:11:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>PHL</dc:creator>
        <category>Violences</category>
        <category>déviance</category><category>lesbienne</category><category>normes sexuelles</category><category>viol</category><category>violences</category>    
    <description>    &lt;p&gt;La publication de deux articles sur le site &lt;a href=&quot;http://v2.e-llico.com/index.htm&quot;&gt;e-llico&lt;/a&gt; indique comment la violence la
plus abjecte peut se justifier au nom d'un projet redresseur. Il s'agit en
l'occurrence de violer des lesbiennes, si possible en réunion, pour les
corriger, au double sens du terme: d'abord les punir, et, par cette punition,
les remettre dans le droit chemin de la normalité sexuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://v2.e-llico.com/actu-20524--afrique-du-sud--prison-a-vie-pour-lassassin-dune-footballeuse-homosexuelle.htm&quot;&gt;
Le premier article&lt;/a&gt; rend compte de la condamnation à la prison à vie d'un
jeune Sud-Africain pour le viol et le meurtre d'une activiste homosexuelle
connue également pour avoir entraîné les femmes de l'équipe nationale de
football sud-africaine. Pour le juge, l'homosexualité de la jeune femme a
constitué un élément déclencheur du viol puis du meurtre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://v2.e-llico.com/article.htm?rubrique=actus&amp;amp;articleID=19344&quot;&gt;Le
second article&lt;/a&gt;, publié quelques mois plus tôt, rapporte la pratique de
viols collectifs produits à l'encontre de lesbiennes dans le but de les
&amp;quot;guérir&amp;quot;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pratiques dont il est question montrent comment le viol fonctionne comme
thérapie, comme outil de réparation de l'anormalité sexuelle. Cette attitude
indique plusieurs choses. D'abord que l'homosexualité (celle des femmes dans ce
cas de figure) est considérée comme une maladie et qu'elle peut être traitée
par la violence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord, une violence symbolique s'exerce par la désignation de
l'anormalité, de la monstruosité des lesbiennes, situées du côté du mal. Elle
se poursuit par la croyance en une déviance et en son corollaire: la
possibilité de rectifier la déviance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est cette croyance qui génère la second volet de la violence, physique
cette fois, par les coups, les viols, les meurtres, guidés par la haine de
l'autre, de celles qui n'aiment pas comme tout le monde. Cette violence exercée
par les hommes vient aussi de la haine pour ces femmes qui leur échappent, ces
femmes dont le désir est tourné ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le discours correcteur fonctionne comme rationalisation morale. Après avoir
violé, il est difficile de se trouver des circonstances atténuantes. Indiquer
que les lesbiennes qui en ont été victimes l'ont été &amp;quot;pour leur bien&amp;quot;, situe le
discours des criminels du côté éducatif (au même titre qu'un parent qui gifle
son enfant, qu'un enseignant qui punit un élève...). Si ce discours peut être
entendu (peut-être pas devant un tribunal, mais au moins au niveau du sens
commun), c'est qu'il s'appuie sur des imaginaires et des significations
partagées qui vont rendre le crime acceptable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les lesbiennes ne sont pas des femmes, pas des &amp;quot;vraies&amp;quot; femmes. Voilà ce que
l'on pourrait conclure de ces viols. En les violant, les violeurs en font des
femmes et ils s'affirment comme de &amp;quot;vrais&amp;quot; mecs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De vrais mecs qui peuvent prendre perpèt.&lt;/p&gt;
&lt;h5&gt;pour prolonger le débat:&lt;/h5&gt;
&lt;p&gt;un article du blog du Monde diplomatique: &amp;quot;&lt;a href=&quot;http://blog.mondediplo.net/2009-10-21-Homosexuels-cibles-emouvantes-boucs-emissaires&quot;&gt;Homosexuels :
cibles émouvantes, boucs émissaires&lt;/a&gt;&amp;quot;, sur l'homophobie en Afrique, et plus
particulièrement au Sénégal, en Ouganda, en Afrique du Sud...&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://blog.anthropo-body.com/post/Viol-et-meurtre-d-une-footballeuse-lesbienne#comment-form</comments>
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  <item>
    <title>Sport, racisme, homophobie... petite chronique de l'aversion ordinaire</title>
    <link>http://blog.anthropo-body.com/post/Sport%2C-racisme%2C-homophobie...-petite-chronique-de-l-aversion-ordinaire</link>
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    <pubDate>Tue, 06 Oct 2009 21:10:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>PHL</dc:creator>
        <category>Sport</category>
        <category>altérité</category><category>communautarisme</category><category>gay games</category><category>homophobie</category><category>homosexualité</category><category>hétérosexisme</category><category>identité</category><category>masculinité</category><category>médias</category><category>normes sexuelles</category><category>racisme</category><category>sociologie</category><category>sport</category><category>valeurs</category>    
    <description>    &lt;p&gt;Le week-end dernier (4 octobre 2009), une équipe de football a refusé de
jouer contre le &lt;a href=&quot;http://www.parisfootgay.com/&quot;&gt;Paris-Foot Gay&lt;/a&gt;, au
nom de ses convictions. L'affaire a été rapportée jusque sur le site du
quotidien l&lt;em&gt;'Equipe&lt;/em&gt;, pourtant peu intéressé par les réalités sportives
ordinaires. Ce refus de jouer s'est produit trois semaines après un débat sur
l'homophobie dans le sport organisé le 13 septembre à Paris à l'initiative de
la &lt;a href=&quot;http://www.fsgl.org/&quot;&gt;Fédération Sportive Gaie et
Lesbienne&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les faits relèvent d’une réalité sportive ordinaire. Il ne s'agit pas de
sport de haut niveau, de football spectacle où les propos et les banderoles
homophobes ne paraissent choquer personne et, au contraire, participer à une
sorte de culture de l’humiliation. Il est ainsi possible de tendre dans les
tribunes d’un club professionnel une bannière sur laquelle peut se lire :
&amp;quot;K., on n'est pas raciste, la preuve on t'encule&amp;quot; exhibée lors d'un match de
Ligue 2 de football.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://blog.anthropo-body.com/public/.sanstitreen7_s.jpg&quot; alt=&quot;Kebe-Bastia&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; title=&quot;Kebe-Bastia, oct. 2009&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s’agit d’une homophobie banale qui se traduit par le simple refus de
jouer avec... Mais avec qui au fait ? Avec des joueurs présumés
homosexuels. Tout cela en raison du nom du club, Paris Foot Gay… Peut-on
pourtant seulement imaginer une telle attitude vis-à-vis d’un club appelé USJO
des Arméniens de Valence, ou AS Algérienne ? Peut-on projeter les
conséquences d’une telle décision si les Musulmans Bosniaques de Mostar
refusaient de jouer contre l’Union Sportive Serbe de la ville ? A n’en pas
douter cela indiquerait de graves tensions résultant de la guerre encore proche
en ex-Yougoslavie. Mais là, à Paris, lors d’une rencontre entre clubs amateurs,
sans enjeu sportif, que signifie ce refus de jouer avec ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus particulièrement, que signifie jouer « avec des pédés » ? ou
plutôt « contre des pédés » ? Parce que le « jouer avec », à
vrai dire, personne ne peut jurer que ça ne lui est jamais arrivé… tant
l’homosexualité reste secrète dans les sports collectifs pratiqués par des
hommes. Que signifie ce refus de jouer avec des personnes dont il est imaginé –
par ceux qui ont produit ce refus – qu’elles ne sont pas comme
« nous » ? Car cette affaire est bien une affaire de « nous »,
une affaire d’identité et non pas une affaire d’intimité.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l’évidence, aucun autre refus n’aurait pu être ne serait-ce qu’imaginable.
Refuser de jouer contre une équipe lyonnaise quand on est stéphanois ?
contre une équipe d’une cité HLM quand on vient d’un village résidentiel ?
contre le Gazelec quand on est des PTT ? Cela ne tient pas. Et c’est
précisément parce que cela ne tient pas que cette affaire est exemplaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Refuser de jouer contre une équipe parce qu’on suppose qu’elle est composée
d’homosexuels et essentiellement d’homosexuels (ce qui n’est pas le cas), et
argumenter ce refus au nom de convictions religieuses, voilà un véritable
analyseur des réalités sociales. C'est à cette analyse que participent les
réflexions qui suivent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que révèle ce refus de jouer un match de football amateur ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour y répondre, j’ai parcouru les commentaires laissés en ligne après les
articles de &lt;em&gt;Libération&lt;/em&gt;, du &lt;em&gt;Monde&lt;/em&gt;, du &lt;em&gt;Figaro&lt;/em&gt;, de
&lt;em&gt;L’équipe&lt;/em&gt;. Il est déjà aisé de constater que cette information de peu
d’importance a priori (il s’agit d’un match de football amateur, de ce football
amateur dont on ne parle jamais) est la plus commentée de la semaine. Au matin
du 8 octobre 2009, on compte dans &lt;em&gt;Libération&lt;/em&gt;, 741 commentaires (le
second article le plus commenté en compte 360) ; dans le &lt;em&gt;Figaro&lt;/em&gt;,
176 commentaires (le second en compte 117) ; dans le &lt;em&gt;Monde&lt;/em&gt; 84
commentaires, dans &lt;em&gt;l’Equipe&lt;/em&gt; 202 commentaires (troisième article le
plus commenté). En l’absence d’une analyse approfondie, je m’en tiendrai à
trois réflexions :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces réactions expriment d’abord la capacité à réagir sans savoir de quoi il
est question. La méconnaissance est au fondement de la plupart d’entre elles.
Ceci est très intéressant car il est alors possible de comprendre comment se
posent les questions et sur quoi s’établissent les jugements de valeurs
spontanés.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seconde chose que l’on peut lire de ces réactions spontanées, c’est le
rapport à la norme qu’elles expriment. La notion de communautarisme fonctionne
alors comme révélateur d’un ordre social par rapport auquel se situent de
nombreuses contributions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, après la méconnaissance et le rapport à la norme, de nombreuses
réactions expriment une aversion ordinaire à l’égard de groupes sociaux
discriminés. Racisme et homophobie se rejoignent ainsi dans des commentaires
qui hiérarchisent les haines et les peurs de l’autre. Du refus de jouer contre
une équipe dont l’appellation évoque une orientation sexuelle non conforme, les
commentaires glissent vers un affrontement communautaire résumé par les titres
« Musulmans contre Gays ».&lt;/p&gt;
&lt;h5&gt;1 - De la méconnaissance&lt;/h5&gt;
&lt;p&gt;Le premier élément de méconnaissance se traduit par la surprise d’apprendre
qu’il existe un club appelé Paris Foot GAY. Cette surprise se prolonge autour
de l’idée qu’il existe un club composé de Musulmans pratiquants. De celui-ci je
ne parlerai pas n’ayant pas d’informations précises. Il arrive parfois que
suive une litanie d’imbécillités demandant « pourquoi pas une équipe de
blondes, de moustachus,… »&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, il existe un club appelé Paris-Foot Gay, créé en 2003 dans un but
militant qui consiste précisément à lutter contre l’homophobie dans le
football, à dénoncer les discriminations (d’autant plus efficaces qu’elles sont
souvent discrètes, voire secrètes contrairement à ce qui vient d’être
rapporté). Je n’en dirai pas plus, ce club possède &lt;a href=&quot;http://parisfootgay.free.fr/fr/news/news.php&quot;&gt;un site&lt;/a&gt; expliquant son
projet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il existe aussi une F&lt;a href=&quot;http://www.fsgl.org/&quot;&gt;édération Sportive
Gaie et Lesbienne&lt;/a&gt; (FSGL), il existe des &lt;em&gt;Gay Games&lt;/em&gt; réunissant tous
les quatre ans plusieurs milliers d’athlètes…&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ah bon ? mais pourquoi ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi, alors qu’« ils » revendiquent le respect,
qu’« ils » combattent la discriminations se
marginalisent-« ils » « eux »-mêmes (« ils » et
« eux » étant à comprendre comme « les gays ») ? Voilà une
des questions qui se retrouve dans les commentaires. Et s’« ils » se
marginalisent, « ils » ne récoltent que ce qu’« ils » ont
semé. En voici une conclusion simpliste. Simpliste mais logique… Logique
simplifiée par la méconnaissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore une fois, il suffit de prendre le temps de consulter les sites de la
FSGL ou de la &lt;a href=&quot;http://www.gaygames.com/en/&quot;&gt;Fédération des Gay
Games&lt;/a&gt; pour saisir le projet et comprendre qu’il ne s’agit pas de repli sur
soi, que les clubs comme les manifestations sont ouverts à toutes et à tous. Il
suffit de se renseigner pour s’apercevoir que les valeurs défendues sont
l’inclusion, la participation et le fait de donner le meilleur de soi, que
finalement, ce qui compte dans ces structures, c’est le désir de jouer
ensemble, c’est le respect des autres et de leurs différences. Il suffit aussi
de lire &lt;em&gt;&lt;a href=&quot;http://www.revue-quasimodo.org/&quot;&gt;Sport et
homosexualités&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;, le petit bouquin que j’ai dirigé pour en savoir plus
sur le mouvement sportif homosexuel et l’homophobie et dont vous pouvez lire
&lt;a href=&quot;http://www.revue-quasimodo.org/PDFs/SH01-Liotard.pdf&quot;&gt;l'introduction&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoiqu’il en soit, la méconnaissance est révélatrice de ce qui fait
réagir : la question identitaire, la question de l’ordre social, la
question aussi du vivre ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;h5&gt;2 – Communautarisme&lt;/h5&gt;
&lt;p&gt;Après le refus de jouer, l'affaire pourrait en rester là. Là, c'est-à-dire à
une plainte devant la &lt;a href=&quot;http://www.halde.fr/&quot;&gt;HALDE&lt;/a&gt; pour
discrimination, c'est-à-dire pour un traitement différencié en raison d'une
caractéristique tombant sous le coup de la loi, ici, en l'occurrence,
l'orientation sexuelle. Mais les choses se compliquent car l'équipe qui a
refusé de jouer contre le Paris-Foot Gay est une équipe qualifiée (par la
presse et ses commentateurs) de « communautaire », composée de joueurs
musulmans se déclarant pratiquants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'acte homophobe caractérisé (il n'est pas question ici de le nier, au
contraire) est-il plus grave s'il est produit par une équipe de Musulmans? s'il
est justifié par des convictions religieuses? L'aversion pour les homosexuels
est-elle plus profonde en ce cas?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La démonstration d'une homophobie ordinaire dans le sport se transforme en
stigmatisation des Musulmans et des équipes qualifiées de
« communautaires » et paraît soulever une peur (l’islamophobie) bien
plus forte que l’homophobie. Les commentaires indiquent comment s'est produit
un glissement, depuis la dénonciation légitime de l'homophobie vers le racisme
à l'égard des Musulmans. Le titre des articles construit une opposition entre
groupes « Musulmans, ils refusent de jouer contre une équipe gay »
(le &lt;em&gt;Figaro&lt;/em&gt;), « Un club musulman refuse de jouer contre le Paris
Foot Gay » (Le &lt;em&gt;Monde&lt;/em&gt;)... Ce qui reste de l’information première
est celle-ci : des musulmans refusent de jouer contre des homosexuels.
D’où le glissement vers les dangers de l’Islam, vers la stigmatisation (souvent
haineuse) des Musulmans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le racisme prend le pas sur l’homophobie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://blog.anthropo-body.com/public/.images_t.jpg&quot; alt=&quot;racisme2&quot; title=&quot;racisme2, oct. 2009&quot; /&gt; &lt;img src=&quot;http://blog.anthropo-body.com/public/.logo_crh_t.jpg&quot; alt=&quot;((/public/.logo_crh_s.jpg&quot; /&gt; &lt;img src=&quot;http://blog.anthropo-body.com/public/.images-1_t.jpg&quot; alt=&quot;racisme1&quot; title=&quot;racisme1, oct. 2009&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, sur la quantité de commentaires, il y en a de nombreux qui déplorent
tout rejet de l’autre, qui dénoncent les discriminations dont sont victimes les
musulmans comme les homosexuels. Mais l’impression qui s’en dégage se situe du
côté d’une hiérarchisation des rejets. Et surtout d’une incantation lancinante
au « repli communautaire », ce repli qui semble tellement inquiéter celles
et ceux qui n’ont pas besoin de se replier, tant ils occupent la scène de la
domination sociale, politique, économique, voire culturelle. Cette vision
«communautariste » du monde, cette incantation qui revient, de façon
lancinante, à chaque fois qu’un groupe social dominé s’organise en propre,
atteste de l’aveuglement devant les conditions qui rendent nécessaire (parfois
même pour des raisons de sécurité) cette organisation. Jouer entre soi, c’est
aussi se protéger des autres. Cacher son homosexualité au sein d’une équipe de
football, c’est se préserver. D’où la création du Paris Foot Gay.&lt;/p&gt;
&lt;h5&gt;3 – Aversion ordinaire&lt;/h5&gt;
&lt;p&gt;Cette information vouée à l’invisibilité (un match de football, ne relevant
même pas de la Fédération Française de Football, n’a pas eu lieu) se transforme
ainsi en un indicateur des seuils sociaux de tolérance à l’égard de
l’expression de la haine. Les insultes à caractère communautaire n’ont pas
toutes le même poids. « Sale arabe », « sale juif », « sale
nègre » constituent des propos aujourd’hui indéfendables, contrairement à
« sale pédé », « sale gouine » ou « salope » (qui
pourrait se traduire par « sale femme »)...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle atteste aussi de la manière dont la rencontre avec l’autre, même sur un
terrain de jeu, est difficile. C’est une aversion ordinaire qui est à l’origine
de tout ça. En tant que telle, il importait de la relever. Il ne s’agit pas
d’un appel au meurtre. Il s’agit juste de l’impossibilité de rencontrer
l’autre, simplement parce qu’il est autre. Cette aversion ordinaire se charge
de toutes les angoisses, de toutes les peurs, de toutes les incompréhensions,
mais aussi de toutes les certitudes sur ce que doit être un homme, un vrai. La
religion prescrit, bien sûr, mais dans les commentaires homophobes qui ont
accompagné l’information, bien peu argumentent à partir de références
religieuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui précède rappelle la valeur du sport pour analyser le social. Et ceci,
précisément parce que le sport est paré de vertus. Les commentaires qui
déplorent le refus de jouer le font au nom de ce que « devrait » être
le sport. Cet idéal intériorisé d’une pratique respectueuse de soi et d’autrui,
d’une pratique « rapprochant » les individus, etc. Or, ce qui s’est
produit dans cette histoire, c’est que l’on a aussi eu affaire à une des
conséquences du sport : l’opposition entre groupes. Dès lors que
s’institue un match : deux camps se délimitent. Il est alors possible que
les croyances, les stratégies identitaires, les sentiments d’appartenance se
fassent plus fort que le jeu, ou plutôt soient exacerbés par le jeu qui impose
de jouer contre. Si l’on en croit les dernières informations, le match pourrait
se rejouer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et si, au lieu de s’affronter, les deux équipes n’en formaient plus qu’une,
répartissant leurs joueurs de façon aléatoire pour jouer véritablement
ensemble ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;pour prolonger le débat:&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;un article de Clémentine Blézeau pour &lt;a href=&quot;http://www.yagg.com/2009/10/08/vers-un-denouement-dans-laffaire-paris-foot-gay/&quot;&gt;
Yagg&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;un article de Didier Lestrade pour &lt;a href=&quot;http://www.minorites.org/index.php/2-la-revue/459-de-l-homophobie-a-paris.html&quot;&gt;
Minorités&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;un article d'Arlindo Constantino sur le communautarisme pour &lt;a href=&quot;http://blog.anthropo-body.com/post/un%20article%20de%20Didier%20Lestrade%20pour%20[Minorit%C3%A9s&quot;&gt;Minorités&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>Modifications corporelles, tatouages, piercings, implants sous contrôle médical ?</title>
    <link>http://blog.anthropo-body.com/post/Modifications-corporelles%2C-tatouages%2C-piercings%2C-implants-sous-contr%C3%B4le-m%C3%A9dical</link>
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    <pubDate>Sun, 04 Oct 2009 00:14:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>PHL</dc:creator>
        <category>Modifications corporelles</category>
        <category>anthropologie du corps</category><category>implants</category><category>modifications corporelles</category><category>médecine</category><category>piercing</category><category>scarification</category><category>tatouages</category><category>zpira</category>    
    <description>    &lt;p&gt;Les modifications corporelles ne cessent d'alimenter les émissions
télévisées. Ainsi, le Magazine de la santé a-t-il consacré (le 16/10/2008) un
nouveau dossier, intitulé: &lt;a href=&quot;http://www.bonjour-docteur.com/article.asp?IdArticle=163&amp;amp;IdBloc=Tout&quot;&gt;Body-Art:
Le corps transformé&lt;/a&gt; Ce dossier reprend des idées déjà développées par la
même équipe selon laquelle les pratiques de modification corporelle devraient
être encadrées, sinon réalisées par le corps médical.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'agit-il d'un nouveau marché de l'apparence? Après la chirurgie plastique
(qualifiée à tort d'esthétique), voilà un champ de compétence qui permettrait
de configurer de nouveaux établissements dont la vocation serait de modifier
les apparences, depuis la chirurgie jusqu'au tatouage, établissements qui
tireraient leur légitimité de ses professionnels, titulaires d'un doctorat de
médecine...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, les dermatologues à l'assaut des bodmods? Les implants conventionnés?
Les scarifications médicalisées? Sans oublier le discours du psychiatre pour
rationaliser toutes ces interventions au nom de la souffrance des patients
ainsi institués?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a beaucoup de confusions à vouloir entrer dans le domaine de la
pathologie des actes qui s'inscrivent dans un ensemble de pratiques culturelles
de construction et d'affirmation de soi. Le discours médical et les pratiques
qu'il justifie génèrent une normalisation des apparences. Les affirmations
comme &amp;quot;je ne suis pas contre le tatouage ou le piercing&amp;quot; se prolongent toujours
par un &amp;quot;mais&amp;quot;. Le &amp;quot;mais&amp;quot; médical est-il plus légitime que celui des artisans de
la chair qui dénoncent depuis longtemps les marchands de piercing surfant sur
la vague de la mode pour inciser à la chaîne?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, même si – dans le reportage – le psychiatre distingue
clairement une scarification produite dans un salon de modification corporelle
par un professionnel de la chair, d'une auto-mutilation produite dans
l'intimité par une personne en souffrance, le montage induit une vision
angoissante des pratiques de transformation de l'apparence. D'ailleurs les
termes qu'il emploie sont confus, tout psychiatre qu'il soit: une scarification
n'est pas une auto-mutilation. Parler d'auto-mutilation, c'est caractériser un
acte qui est tourné contre soi. Réaliser une scarification (je parle des
scarifications contemporaines librement choisies par opposition aux
scarifications traditionnelles imposées aux membres d'un groupe), c'est
produire un acte qui s'inscrit dans la construction de soi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://blog.anthropo-body.com/public/.20081009lukas01_m.jpg&quot; alt=&quot;lukas&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;lukas, oct. 2009&quot; /&gt;Enfin (pour le
moment), l'interprétation psychanalytique du reportage est assez amusante. Les
implants, les tatouages (un peu trop voyants et aux motifs s'éloignant du
coeur, de la rose ou du dauphin) seraient des outils pour éloigner autrui, le
tenir à distance, lui faire peur, parce que les individus ainsi ornés auraient
peur eux-mêmes. Et s'ils n'avaient pas peur? Et si c'était une manière de dire,
par exemple (mais là je ne voudrais pas aller trop loin dans mon
interprétation), j'emmerde les psychiatres, les curés, les profs, les banquiers
et les ministres? et si c'était une manière de se construire selon des modèles
de l'apparence qui transgressent les normes établies? et si ça n'avait pas
d'autre signification que de simplement jouer de et avec son corps? et si ça
pouvait se situer du côté du désir?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'interprétation d'une conduite suppose une connaissance fine de la personne
qui adopte cette conduite. Un psychiatre, pas plus qu'un médecin, ne peut
attribuer un sens générique à l'usage d'implants, de tatouages (quoique ceux
qui figurent des dragons, ça fait quand même un peu peur), de scarifications,
de piercings. Sauf à projeter ses propres normes, ses propres préjugés sur la
question, ce qui se fait allègrement dans ce reportage &amp;quot;Body-Art: Le corps
transformé&amp;quot;, au nom du savoir médical.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour prolonger la réflexion:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;deux articles de la revue &lt;em&gt;Quasimodo&lt;/em&gt;:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;• &lt;a href=&quot;http://www.revue-quasimodo.org/PDFs/7%20-%20Modifications%20Corporelles.pdf&quot;&gt;Corps
en Kit&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;• &lt;a href=&quot;http://www.revue-quasimodo.org/PDFs/7%20-%20Piercing%20Modifications%20Corps.pdf&quot;&gt;
Le poinçon, la lame et le feu: la chair ciselée&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;• David Le Breton, &lt;em&gt;La Peau et la Trace. Sur les blessures de
soi&lt;/em&gt;, Éditions Métailié, 2003&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;• David Le Breton, &lt;em&gt;L'adieu au corps&lt;/em&gt;, Éditions Métailié, 1999&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;• Stéphanie Heuzé (dir.) &lt;a href=&quot;http://www.horscircuits.com/site.php?type=P&amp;amp;id=32&quot;&gt;&amp;quot;Changer le corps
?&amp;quot;&lt;/a&gt;, Editions la Musardine, 2000&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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